Béatrice Godin

Drame à Saint-Isidore: Béatrice Godin est décédée

Le drame de Saint-Isidore de Beauce prend encore de l'ampleur, alors que la Sûreté du Québec (SQ) a confirmé mercredi matin que la petite Béatrice Godin, 11 ans, a rendu l'âme à l'hôpital de l'Enfant-Jésus, au cours de la soirée de mardi.
Selon la principale hypothèse sur laquelle la SQ enquête présentement, la jeune Béatrice et sa soeur de 13 ans, Medora, auraient été abattues par leur père Martin Godin au cours de la dernière fin de semaine, dans leur résidence de Saint-Isidore. Le père de famille de 54 ans aurait ensuite retourné l'arme contre lui, mais il a survécu.
Dans ce même élan de violence, Godin aurait préalablement assassiné la mère de Medora et de Béatrice, son ex-conjointe Nancy Samson, et le nouvel ami de coeur de celle-ci, Benoit Daigle, dans le chalet de ce dernier situé à Sainte-Croix de Lotbinière.
En après-midi, mercredi, Godin reposait dans un état critique, mais stable, au même hôpital. Il est le seul survivant de ce carnage.
Avec le décès de Béatrice, Marlène Demers, la directrice de l'école primaire de Saint-Isidore, que fréquentait la jeune défunte, a confirmé que les psychologues avaient préparé les élèves depuis le début de la semaine sur la possibilité que la fillette de 11 ans rende l'âme.
«Quand on a annoncé la triste nouvelle ce matin, la première réaction d'un élève aura été de dire qu'elle "sera toujours là avec nous, grâce à son esprit", a relaté Mme Demers. Wow! Tout le personnel a été touché par cette réponse spontanée.»
Mme Demers assure que l'équipe de psychologues sera présente à l'école tant et aussi longtemps que le besoin s'en fera sentir parmi la clientèle étudiante.
Comme cette tragédie a beaucoup affecté les résidents de Saint-Isidore, la municipalité et les différentes autorités organisent une rencontre à la Salle amicale de la rue St-Joseph, jeudi soir, où sont conviés les parents qui souhaitent obtenir des outils pour parler de ce drame à leurs enfants. Le maire de Saint-Isidore, Réal Turgeon, explique que plusieurs parents dans la communauté ne savaient pas comment aborder le sujet avec leurs enfants, ce qui a incité tout le monde à mettre sur pied cette rencontre.
La conférencière et auteure du livre Est-ce que tout le monde meurt?, Lynne Pion, s'adressera aux parents peu après 20h. Mme Pion accompagne notamment des familles dans le lourd processus de deuil, autant la personne malade que les proches qui vont souffrir de la disparition d'un être cher. Mais c'est la première fois qu'elle touchera à un sujet aussi délicat devant une foule aussi importante.
«Je ne pourrais pas expliquer aux parents quoi dire exactement aux enfants, mais je peux leur donner des pistes pour le faire», a indiqué Mme Pion, lors d'un entretien téléphonique. «Quand on veut discuter d'un tel drame, c'est important de tenter de maîtriser ses émotions devant les enfants. Il faut parler simplement avec eux et répondre à leurs nombreuses questions, si on a les réponses.»
«Même si c'est difficile, il faut, autant que possible, ne pas juger l'auteur du geste. Et chez les adolescents, c'est aussi important de leur dire que lorsqu'on affronte des difficultés graves dans notre vie, c'est important d'aller chercher de l'aide et de ne pas garder ça en dedans.»