La commission Charbonneau devrait s'attaquer aux dossiers du financement des partis politiques et de l'octroi des contrats du gouvernement au plus tard en avril.

Drainville, Charbonneau... et Guylaine Tremblay

La politique vous manque? Vous avez trouvé le temps des Fêtes frisquet... et les retrouvailles épuisantes? Vous avez hâte de retrouver vos vieilles chaussures? Patience! Vous n'avez plus qu'une semaine à attendre le retour de vos amours. La vie reviendra à la normale mardi prochain: Unité 9 en soirée, précédée de la commission Charbonneau et de la commission parlementaire sur la laïcité de Bernard Drainville en matinée.
Vous êtes de ceux que la politique ennuie? Désolé, il vous reste un mois à trépigner d'impatience avant l'ouverture officielle des Jeux olympiques d'hiver de Sotchi.
Soit dit en passant, je sais bien qu'Unité 9 et Guylaine Tremblay n'ont rien à voir avec la politique et le sport. Mais c'est une troisième voie que j'offre aux malheureux qui ne s'intéressent ni à la laïcité, ni à Charbonneau, ni même à Sotchi.
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Je ne me hasarderai pas à prédire ce qui va se passer derrière les murs de Lietteville, parce que c'est de la fiction. Mais je suis convaincu que la commission parlementaire sur la charte va nous relancer tout droit dans le mélodrame du voile islamique, même si les présumés dangers de l'islam évoqués par le gouvernement relèvent plus souvent de la fiction que de la réalité.
C'est la commission Charbonneau qui pique le plus ma curiosité. Elle devait remettre son rapport en octobre, mais on lui a accordé une prolongation jusqu'au 19 avril 2015, à la condition de remettre un rapport d'étape d'ici la fin du mois en cours.
Que nous réserve ce premier rapport? Rien de bien surprenant, parce que seul le dossier municipal, et particulièrement celui de Montréal, est complété. Malgré les hauts cris de la Fédération des travailleurs du Québec, qui se dit victime de harcèlement, l'étude de l'infiltration du monde syndical par le crime organisé reprendra la semaine prochaine. Incidemment, c'est bizarre, cette sortie de la FTQ : avant Noël, son président, Michel Arsenault, blâmait les médias. Un mois plus tard, son successeur, Daniel Boyer, fait porter ses critiques sur Charbonneau et annonce une offensive contre Stephen Harper. Faudrait peut-être ajuster le focus...
Je soupçonne que ce qui agace le plus M. Boyer, c'est de voir le présumé «acharnement» de la commission Charbonneau se poursuivre en même temps que la grosse campagne de souscription du Fonds de solidarité, d'ici la fin de février.
Les commissaires doivent aborder ensuite le délicat sujet des liens entre le financement des partis politiques et l'octroi des contrats du ministère des Transports. Or, le temps presse, puisque la commission doit se garder un bon cinq à six mois pour rédiger son rapport final d'ici la fin de son mandat en avril 2015. Elle doit également lancer sous peu un appel pour le dépôt des mémoires, un exercice suivi d'audiences publiques qui occuperont un mois ou deux à la fin de 2014.
Bref, la commission Charbonneau devrait aborder le financement des partis politiques et l'octroi des contrats du gouvernement au plus tard en avril si elle veut clore ce dossier tôt à l'automne et se lancer dans la préparation de son rapport.
Ce qui veut dire, amis lecteurs, que s'il y a des élections en avril-mai, vous n'aurez plus le temps d'écouter vos téléromans préférés tellement la téléréalité de la campagne électorale sera passionnante.
C'est peut-être pour ça que Pauline Marois a mentionné la période de Pâques pour le dépôt du budget. Elle reporterait ainsi le déclenchement de la campagne le plus tard possible, afin de laisser à la commission Charbonneau le temps d'éclabousser les libéraux. À moins que la commission n'aborde ses travaux de façon chronologique, en commençant avec l'ère des gouvernements péquistes, de 1996 à 2003...
Bonne année 2014!