Le Dr Yanick Larivée, ORL et chirurgien cervico-facial à Granby, a adopté une approche à la « Dr Patch Adams » qui a fait ses preuves.

Dr Yanick Larivée, oto-rhino-laryngologiste à Granby: «Je suis un archéologue de la médecine»

Il suffit de prononcer le mot histoire pour que les yeux du Dr Yanick Larivée s'illuminent. Féru de cette discipline, le spécialiste avide de connaissances intègre cette passion dans son approche auprès de ses patients.
Bien qu'il adore sa profession, Yanick Larivée se remémore son premier contact plutôt... lancinant avec la médecine. «Plus jeune, je faisais des otites. Alors, on m'a installé des tubes dans les oreilles. Après quelques années, il a fallu les enlever. Ça a été la pire expérience de ma vie. Une douleur épouvantable. Je me suis dit que ça n'avait aucun sens que le docteur qui m'a aidé à revenir à l'audition me fasse aussi mal. Il devait y avoir une autre méthode moins invasive. Plutôt que de me décourager, ça a piqué ma curiosité.»
Véritable rat de bibliothèque depuis son enfance, il a dû trancher entre deux voies aux antipodes au cégep : son coeur l'incitait à devenir professeur d'histoire, alors que la raison le dirigeait vers la médecine. Ce sont finalement ses neurones qui ont eu le dessus. «Mon père m'a dit : "Si tu deviens professeur [d'histoire], tu ne pourras pas comprendre les livres de médecine. Tandis que si tu fais l'inverse, tu vas pouvoir acheter tous les bouquins d'histoire que tu veux. Et tu seras docteur en plus". Je n'avais pas d'arguments contre ça. Alors, j'ai suivi sa recommandation. Et ça m'a assez bien servi», lance-t-il, sourire en coin.
Diversité
Pas une seconde Yanick Larivée n'a regretté son choix de se lancer dans des études en médecine à l'Université de Montréal, complétées en 1996, puis dans sa spécialité en 2001. Son intérêt pour la profession d'ORL a toutefois ressurgi durant un stage, véritable révélation. «J'aime la diversité et je suis très bien servi dans ce que je fais. Je suis un spécialiste de zones. Je m'occupe de tout ce qui est au-dessus des clavicules.» 
En fait, le Dr Larivée est un expert des problèmes de l'oreille (audition, équilibre et acouphène), du nez et des sinus (respiration, odorat et allergies) puis de la gorge et du cou (glandes salivaire et thyroïde). Il fait également des chirurgies cervico-faciales et traite de nombreux cancers liés aux régions énumérées précédemment.
Par ailleurs, «les statistiques démontrent que 30 % des consultations à l'urgence ou au sans-rendez-vous ont rapport avec l'ORL», fait valoir le spécialiste, qui pratique en clinique et au Centre hospitalier de Granby. 
Positivisme
Question de ne pas faire vivre aux tout-petits un traumatisme similaire à celui que lui a infligé un oto-rhino-laryngologiste (ORL) dans sa jeunesse, le Dr Larivée mise sur un amalgame d'humour et de simplification du jargon médical. «La vulgarisation est la clé du succès dans ma spécialité, dit celui qui a travaillé durant une dizaine d'années dans des camps de vacances. Quand j'ai un enfant à examiner, si je ne le mets pas en confiance dès le début, je le perds. Il faut parler son langage.»
C'est exactement ce que fait le «Dr Carotte». Utilisant une panoplie d'instruments plus drôles les uns que les autres, le coloré personnage fouille les oreilles des «petits lapins» à la recherche du fameux légume longiligne.
L'approche à la «Dr Patch Adams» a fait ses preuves. «Un sourire vaut mille maux, image le médecin. Le positivisme, c'est contagieux. C'est un outil de travail pour moi. Il faut que les gens sortent de mon bureau en se disant que le docteur qu'ils viennent de voir leur a fait du bien.»
Racines
L'histoire fait partie de l'ADN du Dr Larivée, qui possède une imposante collection de livres dans ce créneau. Une passion qui, assure-t-il, fait écho dans son quotidien d'ORL. «Je suis un archéologue de la médecine. L'histoire des patients est un outil clinique pour moi. J'établis souvent des relations à long terme avec eux. Je peux voir quelqu'un qui est sourd tous les six mois.»
Globe-trotteur à ses heures, il trouve le moyen de se plonger dans le passé lors de ses périples familiaux annuels, notamment en Europe. «J'aime aller chercher les racines de notre histoire commune. Ça me permet aussi de rencontrer des bouquinistes qui ont de petites merveilles à vendre», indique le père de quatre enfants, âgés de 11 à 18 ans. 
Exutoire
Malgré son horaire chargé, le Dr Larivée s'implique dans plusieurs organisations dans son domaine. Il est président du Conseil  des médecins dentistes et pharmaciens (CMDP) du Centre hospitalier de Granby depuis 11 ans, puis vice-président du CMDP de l'Estrie. Il a aussi été à la tête de l'Association d'oto-rhino-laryngologie et de chirurgie cervico-faciale du Québec durant cinq ans. De plus, il partage son savoir comme professeur adjoint d'enseignement clinique à l'Université de Sherbrooke ainsi qu'à l'Université du troisième âge. De même, il agit comme directeur des examens et réviseur au Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada. 
Malgré tout cela, il réussit à pratiquer son sport favori : le volleyball. Les trois heures passées chaque semaine sur le terrain sont un véritable exutoire. «Dans ma vie professionnelle, au bloc opératoire, à la clinique, je décide de presque tout. Mais au volleyball, je laisse ça aux autres. Je smashe, je fais des réceptions de services. Je décroche complètement.»
Précision
Dans le texte portant sur le Dr Jean-François Paradis, paru le 12 novembre dernier, on lisait que ce dernier avait été président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec de 2006 à 2014.
Il était plutôt président de l'Association des médecins microbiologistes infectiologues du Québec (AMMIQ) durant ces mêmes années. Nos excuses.