Si elle est reportée au pouvoir, Pauline Marois promet entre autres de «bonifier» les lois sur la santé et la sécurité au travail, de permettre aux travailleurs domestiques d'être couverts par la CSST et d'encadrer les agences de placement de personnel temporaire.

Double rémunération de Pierre Paquette: Marois tranchera après les élections

Pauline Marois attendra après les élections pour juger s'il est éthique qu'un ex-bloquiste qui se fait élire avec le Parti québécois touche sa pension fédérale en même temps que son salaire de député du Québec.
«C'est une question que je n'ai pas abordée encore avec mon équipe et mes candidats», a indiqué la chef du Parti québécois (PQ), samedi «Actuellement, je crois qu'on renonce à une partie de la pension. C'est une question que j'envisagerai lorsque nous serons élus.»
La leader souverainiste était au côté de son candidat de L'Assomption, Pierre Paquette, qui a siégé à la Chambre des communes avec le Bloc québécois à titre de député de Joliette de 2000 à 2011. À 58 ans, M. Paquette reçoit une pension accumulée comme député fédéral, mais dont le montant n'a pu être transmis au Soleil, samedi. S'il est élu à l'Assemblée nationale du Québec, il empochera au bas mot un salaire de 89 950 $.
Le principe de la double assiettée, souvent appelé le double dipping, revient périodiquement dans l'actualité. Malgré la légalité de la chose, l'éthique de toucher deux rétributions à même les fonds publics est régulièrement soulevée. La chef péquiste a fait de l'éthique un enjeu central de cette campagne électorale.
«Je n'y ai pas pensé, très honnêtement», a indiqué M. Paquette, hier, lorsqu'il a été interrogé par Le Soleil. «Je vais y réfléchir. Je vais en parler avec Mme Marois.»
Il y a fort à parier que Mme Marois sera tolérante avec M. Paquette, comme elle l'a été avec son ministre Stéphane Bergeron, lui aussi un ancien du Bloc québécois. Celui-ci touche une pension annuelle de 11 000 $ du fédéral. Il a déjà fait valoir que son passage au palier provincial a constitué une baisse salariale pour lui. Même chose avec le bloquiste Paul Crête, candidat péquiste dans une partielle à Rivière-du-Loup en 2009, qui avait prévenu qu'il conserverait sa pension annuelle de 65 000 $.
Maka Kotto
De son côté, le ministre Maka Kotto n'a pas siégé assez longtemps à Ottawa pour recevoir une pension.
Lorsqu'il a accepté un mandat du gouvernement Marois à la commission nationale d'examen sur l'assurance emploi, l'ex-chef bloquiste Gilles Duceppe a décidé de déduire de son salaire la moitié de sa pension fédérale annuelle de 140 000 $.
En 1996, l'ex-premier ministre péquiste Lucien Bouchard avait subi les foudres de Mgr Maurice Couture, qui a dénoncé son désir de toucher sa pension fédérale au lieu de «donner l'exemple en se servant de ce montant pour aider les organismes qui luttent contre la pauvreté». M. Bouchard avait finalement mis une croix sur l'argent d'Ottawa. À son arrivée à Québec, Jean Charest avait aussi décidé d'abandonner sa pension.