Jean-Philippe McClish (Don Giovanni) et Marjolaine Horreaux (Zerlina)

Don Giovanni: Don Juan chez les morts-vivants

Avec son brouillard, ses pierres tombales et ses zombies, le Don Giovanni de l'Atelier lyrique du Conservatoire de musique de Québec s'annonce comme franchement sombre, gothique... et amusant.
On trouve déjà dans l'opéra de Wolf-gang Amadeus Mozart un côté grotesque, fantastique et irréel. Dans une des dernières scènes, tel un mort-vivant, le personnage du Commandeur vient chercher Don Juan pour le jeter en enfer. Bertrand Alain n'a fait que développer l'idée dans sa mise en scène. Il a par ailleurs cherché à exploiter le concept du «drama giocoso», du spectacle où sont présents à la fois le drame et la comédie.
«La comédie ne doit pas tuer la tragédie, dit le metteur en scène. Il faut que l'on puisse alterner de l'un à l'autre. J'y crois beaucoup. C'est souvent payant car le public aime autant avoir peur qu'il aime rire. Je voulais trouver un concept qui produirait cet effet-là. Alors j'ai choisi de situer l'histoire dans un cimetière.» Les décors conçus par la scénographe Julie Lévesque représenteront donc des monuments funéraires et des arches de pierre.
Bertrand Alain explique qu'il voulait également rendre l'oeuvre aussi «lisible» que possible. «Je cherchais une époque qui est un peu comme l'Espagne du XVIIe siècle, c'est-à-dire une époque de grande prospérité et de rigueur morale. On retrouve ça dans l'Angleterre du milieu XIXe, qui est assez rigide, sombre, et qui a une tradition d'histoires lugubres, à la Mary Shelley.» L'avantage, dit-il, c'est que le public d'aujourd'hui est beaucoup plus familier avec ces codes.
Un objectif pédagogique
Avec Don Giovanni, on a également voulu offrir aux jeunes chanteurs un défi qui saurait les stimuler sans les écraser. Aucun rôle n'a été retranché. Par contre, on a coupé certains airs. Bertrand Alain pense qu'ainsi la cible a été plus certainement atteinte. «Ça évite que les élèves se cassent la gueule, ce qui, pédagogiquement, n'est jamais bon, fait-il valoir. Ils sont vraiment prêts.»
La longueur de l'opéra, environ deux heures et demie, a été ramenée à 1 heure 50 minutes. «Bizarrement, pour le suivi de l'histoire, ça fonctionne bien, assure le metteur en scène. Je crois que ça va être plus agréable pour le public. Ça donne une oeuvre avec beaucoup plus d'action.»
La distribution réunit Jean-Philippe McClish (Don Giovanni), Manuel Provençal (le Commandeur), Pascale Bourdages-Godbout (Donna Anna), Emmanuel Bernier (Don Ottavio), Évelyne Larochelle (Donna Elvira), Dominic Veilleux (Leporello), Marjolaine Horreaux (Zerlina) et David Turcotte (Masetto). L'Orchestre du Conservatoire de musique est placé sous la direction du chef Gilles Auger.
Vous voulez y aller?
Quoi: Don Giovanni de Mozart
Qui: Atelier lyrique du Conservatoire de musique
de Québec
Quand: ce soir à 20h; dimanche à 14h
: salle Sylvain-Lelièvre du Cégep Limoilou
Billets: 10 $ (étudiants : 5 $)
Info: 418 643-2190