Le tableau L'incendie du parlement, de Martin Bureau, sera exposé à l'Assemblée nationale dès mercredi.

Don d'un tableau au Parlement: l'inauguration de l'oeuvre annulée

Après avoir accepté en don le tableau d'un parlement ravagé par les flammes, l'Assemblée nationale recule quelques heures plus tard, se désole de la récupération politique de l'oeuvre et annule du coup l'inauguration prévue.
Le Soleil révélait vendredi matin que l'Assemblée nationale avait accepté une oeuvre appartenant au collectionneur d'art et ancien ministre libéral Marc Bellemare. Le tableau représente un parlement ravagé par les flammes, illustrant la précarité de la démocratie québécoise. L'oeuvre L'incendie du parlement devait avoir une place de choix dans les bureaux de l'Assemblée nationale.
Sauf que l'artiste Martin Bureau n'aura pas droit tel que prévu à une inauguration en bonne et due forme. Vendredi après-midi, le bureau de l'Assemblée nationale a voulu rectifier les faits après avoir pris connaissance des propos du propriétaire réel du tableau, l'ancien député et ministre Marc Bellemare.
«L'Assemblée se désole du fait que cette acquisition, qui met en valeur l'art contemporain et qui interpelle la collectivité en proposant une réflexion sur l'état de notre démocratie, soit l'objet d'une récupération politique et d'un dénigrement du travail des députés», a fait savoir le bureau de l'Assemblée nationale, dans un communiqué.
La toile ne sera donc jamais dévoilée officiellement dans les couloirs du parlement. «Par souci de respect pour notre institution et tous les parlementaires, et afin d'éviter que la situation se transforme en tribune politique, c'est à regret que l'Assemblée nationale se voit dans l'obligation d'annuler le dévoilement de la toile de l'artiste Martin Bureau», poursuit le communiqué.
Engagement honoré
Le bureau de l'Assemblée nationale honorera toutefois son engagement d'accepter l'oeuvre.
L'artiste Martin Bureau se disait agréablement surpris de voir l'Assemblée nationale accepter son tableau critiquant l'institution. L'ancien politicien Marc Bellemare a aidé l'artiste dans ses démarches de don, sans mentionner à l'Assemblée nationale qu'il avait acheté lui-même le tableau.