Après Vancouver, Dominique Maltais a mis les bouchées doubles et a prouvé qu'elle était capable de terminer sa carrière olympique sur le podium.

Dominique Maltais: la médaille du soulagement

Lauréate: Dominique MaltaisOccasion: Elle a remporté une médaille d'argent en snowboardcross aux Jeux olympiques de Sotchi.
Monter sur le podium olympique, c'est une victoire, une fierté. La récompense ultime pour des années de travail acharné. C'est aussi vrai pour la vedette du snowboardcross et enfant chérie de Petite-Rivière-Saint-François, Dominique Maltais. Mais la médaille d'argent que la planchiste a brandie bien haut à l'aéroport devant ses proches et ses amis venus l'accueillir, jeudi soir, est avant tout celle du soulagement.
En 2010, une contusion au poumon et un pneumothorax ont eu raison de son rêve olympique. L'athlète de 33 ans s'est donc envolée pour Sotchi avec le spectre de Vancouver et une pression énorme sur les épaules. Terminer sa carrière olympique sur une autre déception, après quatre années à mettre les bouchées doubles... Il n'en était simplement pas question.
«Je suis contente parce que je savais que c'était ma dernière expérience olympique, et ce qui s'était passé Vancouver, ce n'était pas fidèle à moi. Je voulais me le prouver et terminer ma carrière sur une belle note», raconte la planchiste en entrevue au Soleil à son arrivée à l'aéroport. «Je le fais pour moi, je le fais pour le Canada, poursuit-elle. Mais j'emporte aussi mes amis, ma famille, mon chum avec moi, veux, veux pas. Y'a bien du monde qui sont impliqués dans ce que je fais, émotionnellement aussi», ce qui ajoute encore un peu de pression. «Je pense que c'était un beau soulagement pour tout le monde.»
L'éternelle insatisfaite admet toutefois qu'elle goûte enfin à la satisfaction. «Je pense que c'est une revanche de Vancouver, ç'a été quatre ans de travail ardu pour me reprendre le 16 février à Sotchi. Tout le travail était axé sur cette journée-là.»
Du travail ardu, mais aussi acharné. «Rien n'était pris à la légère, tous les aspects du sport» ont été peaufinés, incluant «la préparation physique, la natation, le gym, le vélo, la préparation mentale, médicale, le physio, l'ostéo, énumère-t-elle. Je faisais des entraînements de départs à la maison. Je me suis même fait construire un portillon de départ juste pour ça.»
Le corps et l'esprit
Une discipline pour le corps qui a été accompagnée d'une rigueur mentale de tous les instants. «Moi, plus je m'entraîne, moins je suis satisfaite. Une journée d'entraînement que je manquais pour X raisons, c'était la fin, je n'étais plus en forme. Tout arrêtait. «Cet été, c'était le temps que retourne sur la neige parce que je n'étais jamais satisfaite. Et au gym, j'en voulais tout le temps plus. Sur la neige, c'est tout le temps la même affaire aussi. Je suis tout le temps en train de dire "c'est ma dernière run", pis finalement je réalise que j'en ai fait 10 de plus.»
A-t-elle mérité sa médaille plus qu'une autre? «C'est sûr. À chaque course, peu importe le parcours, peu importe les conditions, je suis tout le temps dans les filles dominantes. Je savais que j'étais capable de le faire. J'ai fait ce que j'avais à faire», dit-elle, assurée, de retour de Jeux olympiques qu'elle a qualifiés d'«extraordinaires».
Dominique Maltais est rentrée de Sotchi plus tôt que prévu, histoire de partager son bonheur avec ses proches et sa famille qu'elle a négligés pour suivre la cadence des entraînements olympiques. Pour partager aussi avec son village. Le fait d'être l'enfant prodige de Petite-Rivière-Saint-François, d'ailleurs, ajoute aussi de la pression. «Au début, je tripais plus ou moins. Mais, un moment donné, tu prends ça comme énergie positive.»
Toutefois, les célébrations ne pourront trop s'étirer parce que dans une semaine, c'est le circuit de la Coupe du monde qui reprend. En tête du classement, elle ne dirait pas non à un cinquième Globe de cristal pour accompagner sa médaille...
«Après la saison, je veux passer un été à penser à moi, penser à mes proches, sans avoir trop d'objectifs précis et d'attentes de performances. Ça va faire du bien!» lance-t-elle.
Viendra ensuite le temps de préparer l'après-snowboard. «J'ai des projets dans la région qui me tiennent beaucoup à coeur, mais je vais prendre [une] année de transition avant, pour voir toutes les choses au clair.»
Rien n'est encore très précis. Là-dessus, pour une fois, elle ne se met pas de pression!