Dominique Maltais était tout sourire à son arrivée à Québec, lundi, Globe de crystal à la main.

Dominique Maltais et Alex Harvey de retour à Québec après leurs exploits

La fin de l'hiver (!) sonne le retour au bercail de nos athlètes internationaux. Après avoir arpenté leur circuit de Coupe du monde respectif aux quatre coins de l'Europe, la planchiste Dominique Maltais et le fondeur Alex Harvey se sont presque croisés à l'aéroport de Québec, lundi soir. Les valises chargées de trophées, les yeux remplis de fierté.
Dominique Maltais a été la première à franchir les grandes portes vitrées, Globe de cristal à la main. Une scène qui se répète depuis quatre ans pour la championne de la saison de Coupe du monde de snowboardcross, cinquième fois au total.
«Ça fait trois ans que je me dis: "Ça ne peut pas continuer, tu ne peux pas toujours avoir des beaux résultats." Et oui, c'est possible !», a lancé celle qui retrouvait ses deux soeurs et sa mère parmi le comité d'accueil.
«Encore la dernière course [samedi], je me disais: "Dom, ça ne se peut pas que tu gagnes aussi la dernière course." Et non, je l'ai fait !» Cette saison, elle a pris sept départs: trois médailles d'or, quatre d'argent. Dont celle aux Jeux olympiques, ce qui place cette saison au sommet de sa carrière.
«Je me sens vraiment en paix avec ma carrière au complet», souligne-t-elle. Avec raison. En 74 départs de Coupe du monde, elle est montée sur le podium 37 fois, soit 50 % du temps. Encore mieux depuis son fiasco des JO de 2010, avec 24 médailles en 32 épreuves internationales (75 %).
Une autre saison
Une carrière qu'elle aimerait poursuivre pour une dernière campagne, l'hiver prochain. Ralentir avant d'arrêter. «Beaucoup de facteurs vont entrer en ligne de compte», prévient-elle toutefois, énumérant commanditaires, entraîneurs et proches comme gens à consulter dans les prochains mois.
«Je serais triste de laisser là-dessus, parce que je sais que j'ai encore la passion et le potentiel pour aller chercher d'autres beaux résultats. C'est la première fois que j'ai le sentiment que je contrôle entièrement mes courses. Je fais ce que je veux, les dépassements quand je le souhaite, tout est calculé. Je suis prête à tourner un autre chapitre dans ma vie, mais une autre saison serait possible», résume Maltais. Elle est meilleure que jamais et la flamme brûle encore.
Galas sportifs annuels et visites dans les écoles sont à son programme dans les prochaines semaines. Peut-être aussi une petite soirée vin et fromage entre amis, pour partager la meule de fromage suisse reçue pour sa victoire à Veysonnaz, la semaine passée.
<p>Alex Harvey est lui aussi arrivé à Québec lundi soir. </p>
«J'avais des choses à prouver» - Alex Harvey
Selon Alex Harvey, sa déroute des Jeux olympiques a contribué à ses succès de fin de saison. «Je savais que je valais plus qu'une 19e place», a-t-il déclaré, à son retour en sol québécois.
«J'avais des choses à prouver à moi-même et à d'autres personnes aussi. Prouver que j'étais arrivé aux Jeux avec la meilleure préparation possible, même si ça n'a pas réussi. J'étais cinquième en Coupe du monde deux jours avant de partir aux Jeux et j'étais septième trois jours après les Jeux. La forme n'a pas disparu pendant les Jeux», laisse-t-il tomber, réitérant que le problème résidait dans la préparation des skis.
Aux preuves individuelles de Sotchi, il a fini 19e au sprint et au 50 km, 18e au skiathlon de 30 km. Un mois plus tard, il obtenait deux podiums en trois courses aux Finales de la Coupe du monde pour arracher le troisième rang au cumulatif du circuit mondial.
«J'aurais pu faire une semaine de plus», assure-t-il, quand même heureux de retrouver son père, ses soeurs et sa blonde, à l'aéroport. Il se décerne un 7 sur 10 pour ses performances des quatre derniers mois, note qui grimpe à 9 si on oublie les JO.
L'échec olympique canadienne en ski de fond a laissé des traces dans l'équipe, confirme-t-il. «On a changé la façon de sélectionner nos skis après les Jeux, les athlètes sont plus impliqués. On regarde aussi pour une équipe de fartage élargie, avec un Finlandais qui travaille avec l'équipe allemande et qui est une sommité du kick.»
Harvey tourne ses skis vers la prochaine saison. Il s'attend encore à écourter le Tour de ski du début janvier pour être à son meilleur aux Championnats du monde, fin février.
Il pense même déjà aux prochains JO. «C'est le début d'un cycle de quatre ans. À la fin de chaque année olympique, on regarde l'équipe pour réorganiser la structure et cette année ne sera pas différente. Il va y avoir des changements, même si on ne veut pas trop tout changer, parce qu'on a quand même eu du succès.
«Mais il faut modifier quelques petites affaires pour continuer à s'améliorer. Pour ma part, je vais continuer à travailler avec Louis [Bouchard, son entraîneur] pour les quatre prochaines années», assure-t-il.