La chanteuse et violoncelliste brésilienne Dom La Nena sera en spectacle avec Piers Faccini au Palais Montcalm le samedi 22 février.

Dom La Nena: la petite fille qui voulait apprendre des grands

Combien de préadolescentes ont osé chercher le numéro de téléphone ou l'adresse d'une de leurs idoles du monde musical afin de leur demander des cours privés? La chanteuse et violoncelliste brésilienne Dom La Nena, qui sera en spectacle avec Piers Faccini au Palais Montcalm le samedi 22 février, a osé et son audace a rapporté... deux fois plutôt qu'une!
«J'avais 11 ans et j'habitais Paris, où mon père avait déménagé pour poursuivre ses études. J'admirais beaucoup la pianiste française France Clidat et je me suis mise dans la tête de trouver son numéro et son adresse. Je suis ensuite allée frapper à sa porte!» raconte la musicienne en entrevue téléphonique au Soleil.
La pianiste, lauréate du prix international de l'Académie Franz Liszt et du Grand prix de l'Académie européenne du disque, n'a pas du tout été rebutée par l'audace de la jeune fille. «Elle a été tellement accueillante! À partir de ce moment, elle m'a donné des cours de musique et des cours de chant», explique Dom La Nena.
Et de deux
Un an plus tard, elle tentait le coup à nouveau alors que sa famille était rentrée dans sa ville natale de Porto Alegre, au Brésil. Celle qui rêvait maintenant de devenir violoncelliste s'intéressait beaucoup à l'oeuvre de l'Américaine Christine Walevska, considérée comme une sommité de cet instrument.
«Je savais qu'elle avait un lien avec l'Argentine, alors je me suis mise à chercher sur Internet, comme une geek», raconte La Nena en riant. «En fait, elle y avait déjà habité mais s'était depuis installée à New York. J'ai trouvé son numéro de téléphone et je l'ai appelée. C'est vrai que j'ai été assez culottée de la contacter de cette façon! Je ne suis pas sûre que je le referais aujourd'hui.»
Tout de même, l'audace de la jeune musicienne a porté ses fruits une fois de plus. «Elle m'a dit qu'elle devait se rendre à Buenos Aires dans deux semaines et m'a invitée à aller la voir.»
La violoncelliste et la jeune fille se sont donc rencontrées dans la capitale argentine et la première a donné quelques leçons à la seconde, lui présentant ensuite un professeur du conservatoire de musique qui l'a prise sous son aile. À 13 ans, la jeune Dominique Pinto était la plus jeune étudiante au conservatoire, d'où le surnom «La Nena» («la bambine») qui lui colle à la peau depuis ce temps.
Les contacts de Jeremiah
«Christine Walevska revenait toujours en Argentine trois ou quatre fois par année et, à chaque occasion, elle me donnait des leçons», se souvient celle qui est depuis retournée en France avec son mari, le réalisateur de vidéoclips Jeremiah.
Ce dernier a d'ailleurs joué un rôle important dans le virage qu'a pris celle qui se destinait au départ à une formation classique. «Il avait beaucoup de contacts dans le domaine de la musique populaire et m'a présenté des gens comme Piers [Faccini] et Jane Birkin», se souvient-elle.
«Jane est devenue mon amie et elle avait besoin d'une violoncelliste pour l'un de ses albums. J'ai finalement accepté et Jane a été tellement ravie qu'elle m'a demandé de partir en tournée avec elle. C'est comme ça que j'ai trouvé ce que je voulais faire avec un violoncelle, que j'ai trouvé ma voie», poursuit-elle.
De sa rencontre avec Faccini est née une collaboration ainsi que son premier album, Ela, lancé l'an dernier. «Il m'a beaucoup aidée, j'ai joué sur son disque et il a joué sur le mien. D'ailleurs, à Québec, nous allons jouer en duo. On va mélanger nos chansons», conclut-elle.
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Trois coups de coeur de La Nena
Dom La Nena lançait il y a quelques mois le minialbum Golondrina, qui inclut la pièce-titre qu'elle a composée et trois reprises d'oeuvres d'autres artistes pour lesquelles elle a eu un coup de coeur. Elle nous raconte sa rencontre avec ces trois chansons.
>1 Start a War (The National) : «The National est un groupe que j'ai découvert un peu par hasard. Quelqu'un qui faisait partie de ma tournée m'en a fait écouter et j'ai beaucoup aimé», indique celle qui a ensuite commencé à interpréter en spectacle sa version de Start a War, où sa voix douce se substitue à celle, plus grave, de Matt Berninger. «Je l'ai gravée sur disque car je voulais que les gens aient un peu l'ambiance de ce que je fais en spectacle.»
>2 Djian's Waltz (Stéphane Eicher) : «Sur celle-là, c'est la première fois que je chante en français!» indique celle dont la maîtrise de la langue de Molière est pourtant impeccable. «Je connais bien Stéphane Eicher car mon mari a travaillé un peu avec lui et je crois que mon style se rapproche un peu du sien, avec une voix un peu naïve. J'ai toujours été une grande fan de ses textes et de ceux de son collaborateur Philippe Djian.»
>3 Con Toda Palabra (Lhasa De Sela) : «Lhasa, c'est une artiste que j'ai aussi découverte par hasard, quand j'ai entendu son premier album La Llorona mais, malheureusement, je n'ai jamais eu la chance de la voir en concert puisqu'elle est décédée en janvier 2010. Par contre, une amie a filmé l'un de ses derniers spectacles, qui se déroulait à Montréal chez Patrick Watson. Je l'ai vu et c'était magnifique!» raconte celle qui a choisi cet extrait de The Living Road, second album de Lhasa, pour figurer sur Golondrina.
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Vous voulez y aller?
Quoi : Piers Faccini et Dom La Nena
Où :Palais Montcalm
Quand : samedi 22 février 2014, 20h
Billets : 32,19 $; 30 ans et moins : 23 $
Téléphone : 418 641-6040