La candidate indépendante Fatima Houda-Pepin

Dix chaudes luttes à prévoir

Au-delà du combat des chefs, plusieurs luttes locales seront particulièrement intéressantes à suivre au cours de la campagne électorale. En voici quelques-unes.
<p>Le Québec a replongé mercredi matin en campagne électorale. En jeu : 125 circonscriptions réparties sur le sol québécois selon le poids démographique de chaque région. Au moment de la dissolution, voici la répartition des allégeances.</p>
<p>Christian Dubé (CAQ)</p>
ROBERVAL
Le choix de Philippe Couillard de se lancer dans la circonscription où il réside a été salué pour son audace. Il démontrait la volonté du parti de s'occuper des régions. Mais le Saguenay-Lac-Saint-Jean n'est pas une terre conquise pour le Parti libéral du Québec (PLQ). Le député péquiste de Roberval Denis Trottier a la réputation d'être «près de son monde» et de travailler le «terrain». L'espoir d'avoir un premier ministre à proximité sera-t-il assez fort pour favoriser le chef libéral dans le vote bleuet? Une défaite pour M. Couillard poserait sans équivoque la question de son avenir politique.
L'ASSOMPTION
Ça passe ou ça casse pour le chef caquiste François Legault dans sa circonscription de Lanaudière. Les chiffres de la Coalition avenir Québec (CAQ) dans les sondages la rapprochent dangereusement de la marginalité. Quelles en seront les conséquences pour leur leader, celui qui a présidé à la naissance du parti et à l'ingestion de l'Action démocratique du Québec? Le Parti québécois (PQ) ne lui fera pas la vie facile avec l'expérimenté Pierre Paquette, ex-député bloquiste de Joliette, une figure connue dans la région. M. Legault espère que la campagne sera l'occasion pour son parti d'obtenir plus de visibilité et de recueillir les fruits de son travail sérieux dans l'opposition. Il avait obtenu une majorité de 1078 voix sur le PQ en 2012.
LA PINIÈRE
Comptez sur la candidate indépendante Fatima Houda-Pepin pour enquiquiner à plein temps Philippe Couillard et les libéraux, qui l'ont exclue pour sa dissidence sur le port de signes religieux. Elle aura fort à faire pour arracher au PLQ ce château fort. Mais Mme Houda-Pepin a de fortes racines dans la circonscription, une envie d'en découdre et la verve nécessaire pour s'en prendre au Dr Gaétan Barrette, ex-candidat caquiste viré au rouge, qui joint les libéraux parce qu'il «vient chercher une limousine sur le dos des citoyens de La Pinière», dit-elle.
CHARLESBOURG
Tout le monde met la gomme en vue du choc de Charlesbourg, qui a appartenu à l'un ou l'autre des trois principaux camps depuis 10 ans. La députée caquiste Denise Trudel, ex-conseillère à la Ville de Québec, ne s'est pas placée dans l'embarras pendant le court mandat minoritaire. Libéraux et péquistes misent tous deux sur de grosses pointures pour la déloger. Le professeur de l'Université Laval François Blais, doyen de la Faculté des sciences sociales, tente sa chance pour le PLQ, et le PQ place ses billes sur Dominique Payette, aussi professeure à l'Université Laval et ex-journaliste, fille de Lise Payette. L'issue des luttes sérieuses à trois demeure l'inconnue principale pour les partis politiques.
MÉGANTIC
La circonscription de Mégantic est rouge depuis longtemps. Par des majorités confortables. Même si les chances sont bonnes pour les libéraux de garder mainmise sur l'endroit, il sera intéressant d'y voir la performance péquiste. La gestion de la tragédie ferroviaire de Lac-Mégantic par Pauline Marois a été saluée. Pour plusieurs, elle s'est réellement campée dans le rôle de première ministre à partir de ce moment.
LÉVIS
S'il existait, le titre de recrue par excellence de la dernière élection pourrait bien être remis au député caquiste de Lévis, Christian Dubé. Sérieux, travaillant et crédible, il a su s'imposer au point où les libéraux ont tenté de lui faire sauter la clôture. Et s'il advenait que François Legault quitte la barque, des yeux se tourneraient vers lui dans les rangs caquistes. Maintenant, le PQ espère bien lui ravir la circonscription avec l'ancienne présidente des fêtes de Lévis, Sylvie Girard.
PAPINEAU
Le PQ sera-t-il en mesure de teinter de bleu la carte politique de l'Outaouais? Il le souhaite ardemment. Après avoir conquis Argenteuil lors des deux derniers scrutins qui s'y sont tenus, le Parti espère maintenant une percée dans Papineau. La majorité libérale d'Alexandre Iraca, le successeur de Norman MacMillan, n'a été que d'un maigre 167 voix. La circonscription est détenue sans partage par les libéraux depuis 1981. Plus affamés encore, certains péquistes se prennent à rêver d'une conquête de Hull.
<p>Alexis Deschênes (PQ)</p>
JEAN-LESAGE
La bataille de Jean-Lesage devrait être intéressante cette fois encore. Le libéral André Drolet est très actif dans sa circonscription et ne concède pas un pouce. Il a gagné par seulement 651 votes en 2012. Le bras droit de la ministre Agnès Maltais, son chef de cabinet Pierre Châteauvert, tente un match-revanche. La force de la CAQ a divisé le vote la dernière fois. Et les autres partis souverainistes, Québec solidaire et Option nationale (ON), ont aussi raflé près de 4000 voix. Le chef d'ON, Sol Zanetti, a d'ailleurs choisi les poteaux de Jean-Lesage pour afficher ses propres affiches.
TROIS-RIVIÈRES
Le parachutage par le PQ d'un ex-journaliste devenu avocat, Alexis Deschênes, a causé quelques remous en Mauricie. Le candidat-vedette fera ses premières armes en politique face à un nouveau candidat libéral puisque l'actuelle députée, Danielle Saint-Amand, a décidé de passer la main. Jean-Denis Girard, ex-président de la Chambre de commerce du Centre-du-Québec, tablera probablement sur la grogne soulevée par la fermeture de la centrale nucléaire Gentilly-2 pour se faire élire.
RICHMOND
Une deuxième génération de politiciens se disputera la confiance des électeurs. L'actuelle députée libérale du coin, Karine Vallières, fille d'un routier du PLQ, Yvon Vallières, fera face à nouveau au péquiste Étienne-Alexis Boucher, qui a lui-même déjà siégé à l'Assemblée nationale, et qui est le fils de Claude Boucher, député péquiste jusqu'en 2007. Au dernier scrutin, Mme Vallières, qui a tablé sur l'opposition du PQ à l'amiante, a dû attendre jusqu'à minuit avant de savourer sa courte victoire. M. Boucher fils avait même été déclaré gagnant par certains médias.