Dans un monde divisé en castes, Triss (Shailene Woodley) doit mettre au jour un complot qui menace l'ensemble de la société.

Divergence: lutte de classes **

Divergence est présenté comme un produit destiné à un public adolescent (surtout féminin), dans la lignée de Twilight et, surtout, de Hunger Games. Mauvaise idée dans ce dernier cas, puisqu'il souffre de la comparaison tellement les grandes lignes du récit et les thèmes sont les mêmes. Mais c'est surtout de ses longueurs et des raccourcis scénaristiques - ce n'est pas contradictoire - dont souffre surtout ce film d'anticipation.
On commence à connaître la recette : l'adaptation d'un roman à succès, celui de Veronica Roth, sur un monde dystopique post-guerre, où une jeune héroïne doit surmonter plusieurs épreuves pour faire triompher le bien.
Dans Divergence, Triss (Shailene Woodley) vit dans un monde divisé en cinq castes pour préserver la paix dont chacune représente une importante qualité (abnégation, sincérité...). À la fin de l'adolescence, elle doit subir un test qui va déterminer son appartenance pour le reste de sa vie. Chez une minorité, le test échoue. Ce sont les divergents. Qui représentent un danger pour l'ordre établi et sont traqués pour être éliminés.
Triss est l'une d'eux. Pour le dissimuler, elle choisit de se joindre aux Intrépides, la caste de guerriers, où elle rencontre l'énigmatique Four (Theo James), sa contrepartie masculine. Ils découvriront bientôt un complot qui les met en danger, ainsi que l'ensemble de la société...
Les rôles et modèles féminins positifs sont si rares à Hollywood qu'il faut le souligner. Ce récit initiatique sur le mode «quand on veut, on peut» véhicule des valeurs positives (courage, intelligence, fraternité, amitié). Il lui oppose la peur de l'autre et de la différence qui nourrit le fascisme (l'altérité).
C'est d'ailleurs assez évident en fin de parcours, où les Érudits veulent appliquer une forme d'eugénisme en éliminant les Altruistes grâce à une armée d'Intrépides à qui on a lavé le cerveau. Ces soldats qui obéissent aux ordres sans discuter sont ces nazis qui gazaient les juifs. Évidemment, les divergents se révoltent. Ça s'appelle Divergence, mais dissidence aurait été plus approprié.
Le matériel, bien que peu original, était là, mais mal exploité. Le thème de la divergence surgit sans crier gare aux deux tiers du film! Ça fait plaqué. De plus, la faible profondeur psychologique des personnages, le scénario très prévisible, de nombreux décrochages causés par des rebondissements tirés par les cheveux et une très, très longue et répétitive mise en place plombent sérieusement le long métrage de Neil Burger (Sans limites). Sa mise en scène correcte, mais académique, n'aide en rien.
Le rythme n'a rien de trépidant. Il atteint son vrai rythme de croisière alors qu'il est presque fini. Comme ça dure 2 heures 20... Évidemment, ceux qui s'imaginent une orgie d'effets spéciaux et de scènes d'action vont rester sur leur faim.
Shailene Woodley (Les descendants) n'a pas la moitié du charisme et de l'énergie radioactive de Jennifer Lawrence, mais elle s'en sort plutôt bien. Elle évite d'en faire trop et on en a envie d'y croire. L'affiche met à l'avant-plan Kate Winslet. Elle n'y a toutefois qu'un rôle mineur mais important, celui de la mégalomane. Toujours un plaisir de la voir à l'écran.
En terminant. Il y a quelque chose de profondément inadéquat et de ridicule à nous présenter les deux héros comme des rebelles tellement ils ont des caractères sans aspérité et un look complètement aseptisé.
À bien y penser, c'est totalement à l'image du film.
Au générique
Cote : **
Titre : Divergence
Genre : anticipation
Réalisateur : Neil Burger
Acteurs : Shailene Woodley, Theo James et Kate Winslet
Salles :  Alouette, Beauport (v.f. et v.o.a.), Clap (v.f. et v.o.a.), Des Chutes (v.f. et v.o.a.), IMAX (v.f. et v.o.a.), Lido (v.f. et v.o.a.) et Sainte-Foy (v.f. et v.o.a.)
Classement : général
Durée : 2h20
On aime : les thèmes, l'héroïne forte
On n'aime pas : les raccourcis du scénario, la recette peu originale pour le public cible