La mère de Marilyn Bergeron, Andrée Béchard, qui tient ici une photo de sa fille, espère que la campagne d'affichage à l'échelle provinciale lancée cette semaine permettra d'amasser de nouvelles informations pour faire avancer le dossier.

Disparition de Marilyn Bergeron: blitz d'espoir pour une mère bouleversée

À quelques jours du cinquième anniversaire de la disparition de Marilyn Bergeron, la famille de la jeune femme de Loretteville garde encore espoir de la retrouver et souhaite qu'une campagne qui sera lancée cette semaine contribue à retracer celle qui a été vue pour la dernière fois le 17 février 2008.
«Nous avons toujours espoir de la retrouver. Comme personne n'a jamais retrouvé son corps, oui, on espère la retrouver vivante dans la meilleure condition possible, mais il faut s'attendre à tout. Tout ce qu'on veut, c'est la retrouver», confiait vendredi au Soleil la mère de la disparue, Andrée Béchard.
Enfant-Retour Québec et le Service de police de la Ville de Québec lanceront lors d'une conférence de presse cette semaine une vaste campagne d'affichage à l'échelle provinciale montrant la photo de Marilyn de même que les détails de sa disparition.
«Beaucoup d'informations sont rentrées au début, après sa disparition, mais maintenant, ça entre un peu moins. On espère toujours qu'avec le rappel des faits qui se fera cette semaine, que ça relance le dossier. Il faut recommencer, il faut remettre dans la mémoire des gens l'image de Marilyn. La population peut nous aider. Nous avons besoin des yeux des gens!» poursuit la mère.
Drame quotidien
«Marilyn est une bonne fille, elle mérite d'être retrouvée et elle doit aussi vouloir être retrouvée», enchaîne Mme Béchard, ajoutant que son mari, son autre fille et elle vivent encore le drame de la disparition au quotidien.
«C'est comme si le temps n'existait pas. Quand quelqu'un décède, il y a une période de deuil, mais nous, on ne peut pas faire de deuil car on ne sait pas ce qui lui est arrivé, si elle est vivante ou décédée. Et il n'y a pas que nous, c'est toute sa famille élargie qui est touchée par ça. L'un de ses grands-pères est décédé en 2010 et il était très attaché à Marilyn. Malheureusement, il est parti sans qu'on l'ait retrouvée», raconte la mère.
Mme Béchard avoue que la vie de sa famille n'a jamais repris son cours normal depuis cinq ans. «Au début, on est dans une espèce de blitz, on travaille sans cesse pour la retrouver. Il y a l'adrénaline, l'énergie. Ensuite, c'est l'attente. On a semé des choses, travaillé avec la police, les médias et divers organismes et on attend», poursuit-elle.
La femme qui a quitté son emploi à la Société canadienne des postes après la disparition de sa fille ne l'aura finalement jamais repris. «J'ai essayé de revenir quelques semaines, mais je n'en étais pas capable», explique-t-elle. La peinture, le tennis et d'autres activités qu'elle affectionnait auparavant ont aussi cédé leur place à la recherche de sa fille.
Famille unie
«Nous avons la chance d'être une famille encore unie malgré tout. Souvent, quand de tels drames surviennent, les familles se divisent et se séparent et ça diminue leur force alors que nous, on se soutient», déclare Andrée Béchard au sujet de son mari Michel et de sa fille Nathalie.
«Nous essayons toujours de penser des moyens qui pourraient nous aider à retrouver Marilyn. Quand nous voyageons, nous rencontrons presque toujours les corps policiers locaux pour leur donner la photo de Marilyn et l'avis de disparition. Nathalie réside à Los Angeles et voyage beaucoup pour son travail dans le domaine des communications et elle a fait la même chose dans plusieurs villes du Canada et des États-Unis», poursuit-elle.
Malgré les années qui passent, la famille Bergeron n'a pas l'intention de baisser les bras. «On ne peut pas abandonner. C'est quelque chose qui te suit constamment, c'est ton enfant, une personne qui t'est très chère, alors c'est impossible de lâcher prise», conclut Mme Béchard.
Des partenaires importants pour relancer le dossier
Le blitz d'affichage qui sera lancé cette semaine afin d'aider à retrouver Marilyn Bergeron bénéficiera de la collaboration de la caisse populaire Desjardins de Loretteville et de la chaîne Café Dépôt, les derniers établissements que la jeune femme de 24 ans a fréquentés le 17 février 2008.
La disparue avait en effet quitté le domicile de ses parents à 11h15 pour ensuite s'arrêter au guichet automatique de l'institution financière du boulevard de l'Ormière en début d'après-midi. Elle a alors tenté de retirer 60 $ au guichet automatique, une transaction qui a toutefois été refusée.
Vers 16h la même journée, elle s'est arrêtée au Café Dépôt de Saint-Romuald où elle a acheté un café. Il s'agit de la dernière occasion où elle a été vue et de la dernière transaction effectuée sur sa carte de crédit.
De retour à Québec
Marilyn venait tout juste d'emménager de nouveau chez ses parents après trois années passées à Montréal. C'est parce qu'elle disait avoir peur qu'elle avait quitté son appartement de façon précipitée le 10 février pour se rendre à Québec chez ses parents, avec qui elle a complété son déménagement durant la semaine.
Mesurant 5 pieds 7 pouces et pesant 115 livres, la jeune femme aux cheveux bruns et aux yeux verts portait un manteau noir muni d'un capuchon de fourrure grise, des bottes noires en suède avec un contour de fourrure, un pantalon de velours gris et un sac à dos noir lors de sa disparition. Elle porte aussi le tatouage d'un cheval ailé entre l'épaule droite et la poitrine.
Les personnes qui détiendraient de l'information sur la disparition de Marilyn Bergeron peuvent communiquer avec la police de Québec au 418 641-AGIR, avec Enfant-Retour au 1 888 692-4673 ou directement avec la famille de Marilyn au 1 800 840-1526 ou sur la page web www.trouvermarilyn.com.