Une fois les agrandissements projetés par son nouveau propriétaire (Yvan Fontaine, à droite) complétés, le Cinéma Cartier comptera six salles de projection pour les films d'auteur, mais aussi les films populaires et familiaux. À la gauche de la photo, Michel Savoy.

Deux fois plus de salles et du cinéma populaire au Cinéma Cartier

Bonnes nouvelles pour les cinéphiles: le Cinéma Cartier change de mains, a appris en exclusivité Le Soleil. Et le nouveau propriétaire, Yvan Fontaine, doublera le nombre de salles. Le nouveau cinéma «de quartier» conservera sa vocation de cinéma d'auteur, mais fera aussi place à des films populaires et familiaux. Finalement, le cinéma du centre-ville tant attendu était déjà là, suffisait de le repenser.
L'homme d'affaires de 53 ans n'est pas un néophyte. Il y a six ans, il a acheté un immeuble de Cowansville, en Montérégie, qui contenait le cinéma Princess. «Mes quatre ados m'ont dit qu'il n'était pas question que je le ferme. J'ai développé ma passion du cinéma», confie-t-il en entrevue.
Le nouveau propriétaire était au courant des difficultés financières du Cartier. «C'est très difficile de survivre avec une programmation pointue.» Il a donc décidé d'ajouter trois salles V.I.P. de 30 places, dans lesquelles seront programmés les films d'auteur.
Les trois salles existantes seront rénovées pour être converties au 3D avec nouveaux écrans et meilleur son à la fine pointe du numérique pour accueillir le cinéma populaire. «Ça va être semblable aux salles qu'on retrouve dans les Cineplex.» Et, ajoute-t-il, «on va être très branché» - M. Fontaine oeuvre dans le secteur des technologies. Les travaux débuteront en avril et devraient être complétés pour le début de l'été.
M. Fontaine, qui a effectué une étude de marché, n'a pas voulu chiffrer la transaction, ni la valeur des investissements, qui s'élèvent toutefois à plusieurs centaines de milliers de dollars. «C'est beaucoup d'argent.» Il dit être au fait de la situation à Québec - «j'ai une fille qui étudie à l'Université Laval» - et n'a pas l'intention d'entrer en guerre avec le Clap, dont il connaît les propriétaires.
Cinéma «de quartier»
«On ne va pas se comparer au Clap, qui propose une programmation de répertoire. Nous, on va être plus large, être un cinéma de quartier, sans jeu de mots, pour les gens de Montcalm, Saint-Jean-Baptiste, Saint-Roch... Et on va leur donner la chance de voir tous les films. Le Clap, [pour ces gens-là], c'est quand même loin», croit Yvan Fontaine. Les cinéphiles du centre-ville pourront donc voir le prochain Spider-Man au Cartier, illustre-t-il.
Le nouveau propriétaire s'occupera de la gestion et conserve l'équipe en place avec Martin Brandl (l'ex-propriétaire) à la technique et Michel Savoy à la programmation. Ce dernier était ravi, hier. «C'est un nouveau et un meilleur souffle qui nous permettre de continuer et d'améliorer notre offre de cinéma d'auteur. Investir et s'investir dans la diffusion du cinéma [à l'heure actuelle], c'est très louable.»
Ironiquement, Michel Savoy a travaillé au Cinéma Cartier original, coin Cartier et René-Lévesque, de 1979 jusqu'à la fermeture de l'établissement, le 29 mars 1987. Il a ensuite pris les rênes du Ciné Vidéo Club, au même endroit. En 2001, constatant le déclin de la location de films, il faisait revivre le Cinéma Cartier en ouvrant une salle d'une centaine de places. On peut appeler ça de la continuité...
Long débat
L'établissement d'un nouveau cinéma au centre-ville fait l'objet de débats depuis des années après les fermetures successives du Paris, à la place D'Youville, des salles de Place Québec et, surtout, du Cineplex de Place Charest, en 2011.
La Société de développement Angus avait par la suite évalué sérieusement la possibilité de bâtir un cinéma d'une dizaine de salles sur un terrain à l'angle des rues Saint-Vallier Est et Saint-Anselme, dans le quartier Saint-Roch, avant d'abandonner le projet. Cineplex a pour sa part décider de construire une dizaine de nouvelles salles aux Galeries de la Capitale. Les travaux doivent débuter ce printemps.
Finalement, il semble bien que ce soit un cinéma existant qui jouera ce rôle, avec ses six salles. C'est modeste. Mais à Sherbrooke, La maison du cinéma, un cinéma indépendant en plein centre-ville, a commencé avec deux salles. Il en compte maintenant 18...