André-Philippe Côté dans son atelier

Deux expos de peinture et une monographie pour André-Philippe Côté

Le caricaturiste du Soleil, André-Philippe Côté, est aussi peintre. Une pratique discrète, privée, sous le signe de l'expérimentation et des émotions et à laquelle le public pourra avoir accès grâce à une monographie qui sera publiée par les éditions Alto et à deux expositions.
<p><em>Sans titre</em>, série des Salles d'attente, d'André-Philippe Côté</p>
Un vernissage-lancement se tiendra le 2 avril, dans un lieu qui reste à déterminer. L'exposition de tableaux, «sauvage», puisque hors des galeries ou des institutions établies, se poursuivra ensuite jusqu'au 19.
Au même moment, le hall d'entrée du Centre des congrès et le corridor qui mène au Salon du livre de Québec seront remplis de reproductions et d'agrandissements des toiles de Côté, en plus de quelques tableaux originaux.
La peinture est la face cachée du caricaturiste de Québec, dont les traits de crayon, l'humour et la sensibilité sont reconnaissables entre tous. «Ce que je fais en peinture n'a rien à voir avec ce que je fais en caricature. Les référents ne sont pas les mêmes, et les gens pourraient être un peu surpris, note-t-il. C'est un peu pour décrocher de la caricature, qui est un travail très contraignant et très factuel.»
Dans ses toiles à l'aura surréaliste, on voit des personnages mi-humains, mi-animaux, souvent des oiseaux. Les plus réalistes montrent de fourmillantes scènes de ville, de bars et de rues, les plus oniriques contiennent des baigneurs en apesanteur. Alors que dans une série consacrée aux salles d'attente d'hôpitaux, un sujet plus dur, il affirme sa touche expressionniste.
Livre d'environ 80 pages
Le livre, titré L'autre Côté, aura environ 80 pages et contiendra une quarantaine de tableaux faits dans les 10 dernières années. «Ce sera une monographie presque muette», souligne Antoine Tanguay, des éditions Alto, «avec très peu de textes et de l'espace pour laisser parler les images»
Outre un ouvrage consacré aux dessins de Matt Stephens et deux petits livres d'Edward Gorey, Alto s'est jusqu'à maintenant peu commis dans le livre d'art, un créneau peu rentable, voire désastreux financièrement, a pu constater l'éditeur de Québec.
Sa passion pour l'illustration, la photographie et la peinture le poussent toutefois à redoubler d'inventivité pour déjouer la logique comptable. «Vu que mes [ventes de] romans vont bien, j'ai le luxe de pouvoir de temps en temps faire un livre comme je veux», synthétise Antoine Tanguay.
Ainsi, L'autre Côté se détaillera à une trentaine de dollars (un prix rare en édition d'art), mais son financement sera assuré par la vente d'impressions à tirage limité au Salon du livre et possiblement dans une librairie de Québec. «On veut qu'un étudiant puisse avoir un Côté dans son salon s'il a un coup de coeur», illustre l'éditeur, qui peaufine encore les détails de son entreprise.