Devant le tribunal, Samuel Pelosse-Duchesne a plaidé coupable à une accusation réduite de harcèlement criminel.

Des travaux communautaires pour avoir intimidé une ado

La juge Marie-Claude Gilbert impose 75 heures de travaux communautaires à un homme de 20 ans, Samuel Pelosse-Duchesne, pour avoir intimidé une adolescente victime d'une agression sexuelle, parce qu'elle avait porté plainte à la police de Québec contre son agresseur.
Les faits reprochés se sont déroulés le 25 octobre 2011, quand Pelosse-Duchesne a approché une adolescente de 15 ans dans la cour de l'école secondaire l'Odyssée, à Val-Bélair, pour lui parler de sa décision de porter plainte à la police contre son agresseur, Mathieu Duchesne-Roy. Pelosse-Duchesne était une connaissance de ce dernier.
Accompagnée de deux amies, l'adolescente avait raconté sa version des faits à Pelosse-Duchesne. En proie à des problèmes de consommation de drogues à l'époque des faits reprochés, le délinquant avait alors enguirlandé la victime en lui disant qu'il ne la croyait pas. Il a alors mis «un doigt dans le front» de l'adolescente, comme l'a rapporté le procureur de la Couronne, Me Jean-Roch Parent, tout en ajoutant que sa version avait tout avantage à être vraie, car les amis de Mathieu Duchesne-Roy étaient des «crinqués».
Cette discussion a eu pour effet de faire peur à la jeune fille, qui a immédiatement informé la directrice de l'école. L'enquête policière a été lancée, et Pelosse-Duchesne a été arrêté, pour être accusé de harcèlement criminel, de menaces et d'entrave.
Devant le tribunal, Pelosse-Duchesne a plaidé coupable à une accusation réduite de harcèlement criminel, et les deux autres chefs ont été abandonnés.
La juge Gilbert a accepté d'entériner la suggestion commune présentée par la Couronne et l'avocat de la défense, Me Nicolas Déry, qui consistait notamment en 75 heures de travaux communautaires et deux ans de probation. Il ne pourra pas entrer en communication avec la victime et devra éviter de s'approcher de son lieu de résidence et de son école.
La juge a notamment tenu compte du rapport présentenciel positif du jeune homme pour rendre sa décision, du fait qu'il a cessé de consommer de la drogue, qu'il étudie et qu'il travaille. Par contre, après la rédaction du rapport présentenciel, Pelosse-Duchesne a été arrêté pour une affaire de vol à l'étalage, pour laquelle la cour n'a toujours pas statué.
La juge a rappelé qu'il faut dénoncer le comportement de Pelosse-Duchesne, car il est déjà assez difficile pour les victimes de porter plainte contre leur agresseur.
En novembre 2011, Duchesne-Roy avait pour sa part plaidé coupable d'avoir eu une relation sexuelle avec la victime, alors qu'elle était âgée de moins de 16 ans, l'âge du consentement légal au Canada. Il a reçu une peine de six mois d'emprisonnement.
La victime avait rencontré Duchesne-Roy à son domicile, le 19 octobre 2011, après que ce dernier l'eut attirée chez lui à la suite d'une discussion sur Facebook. Après la relation sexuelle, la victime était retournée chez elle, où elle avait appelé la police pour porter plainte.
À l'époque, la victime avait aussi été la cible de nombreux commentaires peu élogieux sur Facebook, sur une page intitulée Supportons Mathieu Duchesne-Roy, dans laquelle plusieurs disaient ne pas croire l'adolescente.