Le député dans Beauport-Limoilou, Raymond Côté, a notamment présenté le projet de loi C-612 visant entre autres les poussières toxiques provenant des administrations portuaires.

Des plantes vertes, les députés orange?

Des «cônes orange», a raillé Stephen Harper. «Pour nous, leur bilan est nul. C'est zéro plus zéro égale zéro», a tranché son candidat vedette Gérard Deltell. «Le NPD ne défend pas les intérêts des Québécois», a martelé Gilles Duceppe, selon qui on parlerait peu du Québec à Ottawa depuis que les néo-démocrates sont là. Des plantes vertes, les députés orange? Le Soleil a posé la question à deux politologues, qui ne voient pas tout à fait les choses du même oeil.
«C'est sûr que les députés néo-démocrates ont eu un apprentissage du métier à faire. On aurait pu faire le même constat à la suite du premier raz-de-marée bloquiste, par exemple. Quand on arrive, il faut se familiariser avec le parlementarisme, avec le travail de circonscription, il faut embaucher du personnel... C'est un énorme travail de mettre la machine en place, et ça prend du temps», souligne d'emblée Thierry Giasson, professeur au Département de science politique de l'Université Laval et chercheur principal au Groupe de recherche en communication politique.
M. Giasson trouve par ailleurs «intéressant» d'entendre Stephen Harper parler de la soi-disant inefficacité ou de l'absence relative des députés néo-démocrates dans l'espace public alors qu'il a lui-même recruté des candidats pas très connus ni expérimentés pour les élections d'octobre. «Il y a bien sûr Gérard Deltell, mais, là aussi, on peut se demander ce qu'il a fait concrètement depuis qu'il est en politique, lui qui a toujours été dans l'opposition [NDLR : il a notamment défendu avec succès le dossier de la "route de la Bravoure"]. De l'entendre parler du bilan peu reluisant du NPD, ça fait un peu bizarre.»
Aleksandre Lessard, président de l'Association des politologues du Québec, estime que les députés néo-démocrates ont fait du mieux qu'ils pouvaient dans les circonstances, selon leurs capacités, leur expérience et le contexte politique. «Certains n'étaient pas à leur place dès le départ, ceux-là ont quitté ou ne se représenteront pas», dit-il.
Du reste, certains députés peuvent être moins «efficaces» en chambre et l'être plus en circonscription, et vice versa. «Il faut faire la différence entre les deux [...]. Ce n'est pas parce qu'un député parle plus en chambre qu'il est nécessairement plus efficace», insiste M. Lessard.
Le jeune politologue rappelle que le Parti conservateur a aussi ses députés d'arrière-ban, qu'on n'entend jamais en chambre, sauf quand ils «plantent» une question. «Ces députés-là sont peut-être un peu l'équivalent des cônes orange dont parle Harper, au fond! Est-ce que, parce qu'on ne les entend pas, ça veut dire qu'ils ne travaillent pas? Ils [les députés d'arrière-ban conservateurs] peuvent abattre beaucoup de boulot en commission parlementaire ou dans leur circonscription, par exemple», dit M. Lessard, qui croit qu'on est, de façon générale, «très ingrat» à l'égard des députés et du travail qu'ils font.
Peu de marge de manoeuvre
«La marge de manoeuvre, la capacité d'action est très mince pour les députés d'opposition dans un gouvernement majoritaire», souligne pour sa part Thierry Giasson. Un constat que fait aussi Aleksandre Lessard. «Le gouvernement Harper s'arrange pour ne pas laisser de place à l'opposition; il ne répond pas à ses questions, ne lui laisse aucune chance de prendre quelques pouces du plancher», observe M. Lessard, qui rappelle également le devoir que se fait le gouvernement conservateur de ne pas inviter le député de la circonscription pour laquelle il annonce un investissement lorsque l'élu en question n'est pas de la bonne couleur.
«Certains peuvent aussi avoir l'impression qu'on ne les voit pas [les députés du NPD] parce que les médias en parlent moins parce qu'ils sont dans l'opposition», avance par ailleurs M. Lessard.
Mais il y a plus, selon lui. «Les élus bloquistes étaient vus en public avec leurs homologues péquistes en raison de la synergie naturelle entre le Bloc et le PQ. Peut-être que s'il y avait un parti néo-démocrate au Québec, il y aurait une synergie qui donnerait une visibilité supplémentaire aux députés néo-démocrates [fédéraux]», suppose-t-il.
Thierry Giasson croit de son côté que les premiers contacts entre les élus néo-démocrates et l'administration Labeaume «n'ont peut-être pas été très bons», ce qui pourrait expliquer, du moins en partie, leur manque de visibilité dans la capitale. 
«Il y a un travail de terrain à faire, il faut créer ces moments-là si on a de la difficulté à se faire inviter, et ils ont peut-être été moins habiles à le faire», avance M. Giasson, qui impute moins «la faute» aux députés eux-mêmes qu'au personnel des circonscriptions ou aux ressources que le parti est prêt à consacrer dans l'organisation d'activités susceptibles d'offrir une visibilité à ses élus.
Cela étant, les députés orange ont réussi à faire avancer des dossiers «très importants», selon M. Giasson (lire l'autre texte, sur les batailles et les réalisations des huit députés de la grande région de Québec). «Il faut relativiser ce discours-là [des "cônes orange"], le voir comme un discours traditionnel d'adversaires qui ont peut-être peur de l'avance du NPD dans les sondages [...]. C'est normal et c'est de bonne guerre», conclut le spécialiste.
<p>Alexandrine Latendresse </p>
Les batailles du NPD
Alexandrine Latendresse
La députée sortante de Louis-Saint-Laurent a fait adopter à l'unanimité le projet de loi C-419 sur le bilinguisme des agents du Parlement, qui stipule que les candidats à 10 postes-clés, dont celui de vérificateur général ou de commissaire à la vie privée, devront maîtriser les deux langues officielles pour obtenir l'emploi.
<p>Annick Papillon.</p>
Annick Papillon
La députée sortante et candidate dans Québec a contribué à faire renverser la vapeur pour le maintien à Québec du Centre de recherche et de sauvetage maritime, en plus de forcer la création d'un comité consultatif sur la santé des anciens combattants.
<p>La députée néo-démocrate Anne-Marie Day</p>
Anne-Marie Day
La députée sortante et candidate dans Charlesbourg-Haute-Saint-Charles a déposé deux projets de loi : l'un, récent, visant à mettre fin auxfrais bancaires excessifs (C-663), et l'autre, à assurer une représentation équitable des femmes dans les conseils d'administration des sociétés d'État fédérales (C-473). Ce dernier a été rejeté l'an dernier parle gouvernement Harper.
<p>Raymond Côté</p>
Raymond Côté
Le député sortant et candidat dans Beauport-Limoilou a présenté le projet de loi C-612 modifiant la Loi sur le vérificateur général et la Loi fédérale sur le développement durable visant les poussières toxiques provenant des administrations portuaires (dépôt et première lecture faits le 10 juin 2014).
Denis Blanchette, député du NPD dans Louis-Hébert
Denis Blanchette
Le député sortant et candidat dans Louis-Hébert a déposé le projet de loi C-676 pour forcer le CN à repeindre le pont de Québec (dépôt et première lecture faits le 8 mai). M. Blanchette a aussi multiplié les questions en chambre et les sorties publiques pour amener le gouvernement à répondre à l'offre de la Davie de transformer un porte-conteneurs en navire ravitailleur destiné à la Marine royale canadienne (projet Resolve). À la veille du déclenchement des élections, le gouvernement conservateur a annoncé la signature d'une «lettre d'intention» avec Chantier Davie Canada à ce sujet.
<p>Élaine Michaud</p>
Élaine Michaud
La députée sortante et candidate dans Portneuf-Jacques-Cartier a lutté pour amener le ministère de la Défense à décontaminer rapidement la nappe phréatique à Shannon en déposant notamment une motion à cet égard en 2012. Les travaux devaient débuter cet été, mais le Ministère les a retardés. Mme Michaud a également attiré l'attention du gouvernement sur le quai de Portneuf, qu'elle voudrait voir remis en état par le fédéral, et sur les problématiques liées à l'aérodrome de Neuville, deux dossiers qui ne sont toujours pas réglés.
<p>François Lapointe </p>
François Lapointe
Le député sortant et candidat dans Montmagny-L'Islet-Kamouraska a parlé au nom des petites et moyennes entreprises, réclamant notamment pour elles de meilleures mesures fiscales. Il a aussi fait la promotion du développement du port de Cacouna dans le respect de l'environnement et défendu l'importance de protéger les espèces menacées. Il s'est également impliqué avec succès dans le dossier du déménagement des travailleurs de l'amiante, en plus de militer activement en faveur de l'ajout de l'amiante à la liste des substances dangereuses, ce à quoi le gouvernement Harper a cessé de s'opposer en 2012.
<p>Jonathan Tremblay</p>
Jonathan Tremblay
Le député sortant de Montmorency-Charlevoix-Haute-Côte-Nord et candidat dans la nouvelle circonscription Beauport-Côte-de-Beaupré-Île d'Orléans-Charlevoix s'est intéressé surtout aux questions touchant les services du fédéral dans les communautés, notamment l'assurance emploi, dont il a pourfendu la réforme.
D'autres réalisations sont attribuables à d'autres élus du Nouveau Parti démocratiqure dont l'abolition de la taxe sur les produits hygiéniques féminins, l'obtention d'un dédommagement pour les survivants de la thalidomide et l'interdiction des microbilles de plastique non biodégradables.