Des lacunes de conduite auraient causé la mort de la policière Mélanie Roy

Les lacunes de Mélanie Roy en matière de conduite en situation d'urgence avaient été relevées à deux reprises avant son décès tragique au volant d'une autopatrouille du Service de police de la Ville de Lévis (SPVL) en septembre 2009, et «aucune mesure n'a été mise en place par le SPVL afin de remédier aux faiblesses identifiées», reproche la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST) dans son rapport.
La policière Mélanie Roy.
L'agente Mélanie Roy circulait sur l'autoroute 20 pour répondre à un appel d'urgence, le matin du dimanche 7 septembre 2009, lorsqu'elle a perdu la maîtrise de son véhicule dans une manoeuvre de dépassement.
D'abord, le rapport de 42 pages publié lundi détaille les circonstances de l'accident qui a coûté la vie à la policière de 21 ans à l'emploi du SPVL depuis un peu moins de trois mois.
Elle circulait sur l'autoroute 20, derrière une autre autopatrouille, pour répondre à un appel d'urgence, le matin du dimanche 7 septembre. Elle a perdu le contrôle de son véhicule dans une manoeuvre de dépassement.
«Cette manoeuvre a affecté l'équilibre de l'autopatrouille [... et] en voulant combattre cet effet, madame [Roy] a braqué de façon prononcée vers la droite. [...] Compte tenu de la vitesse du véhicule qui avoisinait les 170 km/h, il était impossible pour madame [Roy] de rééquilibrer son véhicule.» L'autopatrouille a ensuite dérapé et a violemment happé le pilier d'un viaduc.
C'est à l'École nationale de police du Québec (ENPQ) que la policière a reçu sa formation en matière de conduite en situation d'urgence, une formation d'une durée de 25 heures, suivie par tous les policiers.
Mélanie Roy «avait certaines lacunes au niveau de ses techniques de courbe [...]. Selon les notes prises par un évaluateur de l'ENPQ, [Mélanie Roy] avait de la difficulté à maintenir une trajectoire adéquate. Elle prenait les courbes un peu trop vite et donnait à l'occasion des coups de volant. De plus, elle débordait en sortie de courbe», lit-on dans le rapport de la CSST. Les commentaires de l'évaluateur n'ont pas été transmis au SPVL, qui n'a obtenu que le relevé de notes de la policière.
Embauchée au SPVL, la policière avait ensuite participé à un programme d'intégration de deux semaines pendant lesquelles elle était parrainée par un policier d'expérience.
Ce dernier, cité dans le rapport de la CSST, a noté un «petit manque à gagner au niveau de la conduite en urgence [...] et au niveau de la prise de décisions». Le policier parrain a précisé à la CSST qu'elle «avait tendance à hésiter dans l'exécution de certaines manoeuvres». La CSST reproche au SPVL de ne pas avoir considéré les lacunes observées par ce policier.
Formation déficiente
La CSST conclut que «l'encadrement par le SPVL de ses nouveaux policiers concernant la conduite en situation d'urgence est insuffisant» et que «la formation de la policière en matière de conduite en situation d'urgence est déficiente».
L'organisme exige que des correctifs soient apportés au SPVL «afin qu'un plan d'encadrement personnalisé soit élaboré [...] lors de l'embauche de nouveaux policiers». La CSST interpelle aussi le ministère de la Sécurité publique et l'ENPQ afin d'améliorer la formation des aspirants policiers en matière de conduite d'urgence.
En décembre, le coroner Pierre C. Samson recommandait lui aussi au Ministère d'améliorer cet aspect de la formation pour l'ensemble des policiers. «La formation des jeunes policiers, en matière de conduite à haute vitesse, doit être évaluée à tous les niveaux concernés et uniformisée dans toute la province», précisait M. Samson.