Une zone d'exclusion aérienne temporaire avait été décrétée dans les minutes suivant l'évasion de trois détenus liés aux Hells Angels et jugés dangereux, samedi soir. Cette interdiction de vol devait arriver à échéance ce soir, n'eut été de la prolongation.

Des images de la triple évasion de Québec diffusées à la cour

De la poussière, une queue d'hélicoptère, des détenus qui font des grands signes. Pour la toute première fois, des images de la spectaculaire évasion du 7 juin ont été diffusées ce matin en salle d'audience, à l'occasion des observations sur la peine de Denis Lefebvre, Serge Pomerleau et Yves Denis, tous coupables de trafic de stupéfiants au profit d'un gang criminel.
Le juge Louis Dionne a rendu une ordonnance de non-publication interdisant aux médias de diffuser les images, en raison de l'accusation d'évasion toujours pendante contre les trois accusés. Mais rien n'empêche les journalistes de décrire ce qu'ils ont vu en salle d'audience, a précisé le magistrat.
Sur les images captées entre 19h20 et 19h40 par les caméras 13 et 14, fixées aux murs de l'établissement de détention de Québec, on voit d'abord les détenus se promener dans la cour du secteur F nord.
Torse nu par cette belle soirée d'été, des détenus jouent au football. D'autres s'entraînent. On aperçoit Yves Denis, une serviette blanche autour du cou, objet qu'il aurait utilisé pour faire signe au pilote d'hélicoptère. Serge Pomerleau marche lentement, sa veste autour de la taille. Denis Lefebvre apparaît aussi, vient parler aux deux autres.
Ponctuellement, les trois acolytes s'arrêtent, fixent le ciel. Serge Pomerleau enfile sa veste.
On voit ensuite Lefebvre et Pomerleau qui font des signes aux autres détenus.
La poussière de la cour se soulève et une queue d'hélicoptère, de couleur foncée, apparaît dans l'image de la caméra. Yves Denis devra passer sous la queue pour entrer dans l'appareil.
À peine 20 secondes après qu'il se soit posé, l'hélicoptère redécolle.
Les détenus dans la cour continuent de jouer au football. «C'était pas assez pour interrompre la partie», commente, sourire en coin, le procureur de la Couronne Me Antoine Piché.