Quarante ans après leur passage au Tournoi pee-wee de Québec, les joueurs du Garage National de Saint-Georges de Beauce ont vu leur présence être soulignée sur l'écran géant du Centre Vidéotron. Ils ont aussi eu droit à une visite guidée de l'amphithéâtre.

Des Beaucerons revivent les «frissons» de 1977

L'édition 1977 du Tournoi international de hockey pee-wee de Québec a été l'année des Mario Lemieux, Patrick Roy, Steve Yzerman, Brett Hull et Michel Petit. Mais ce fut aussi celle du Garage National de Saint-Georges de Beauce, dont les membres ont organisé des retrouvailles au Centre Vidéotron, 40 ans plus tard.
Pas difficile de trouver la loge dans laquelle la douzaine de joyeux Beaucerons s'était donné rendez-vous, samedi. Suffisait de suivre le bruit des éclats de rire et des conversations enthousiastes. 
«Ça fait quatre à cinq mois qu'on préparait ça. On s'est rejoint grâce à Facebook. [...] On est presque tous encore dans la région de la Beauce», a raconté Denis Paquet, l'un des instigateurs de ces retrouvailles. Il ne manquait samedi que trois joueurs de l'équipe qui s'était rendue en demi-finale de la classe C. 
Heureux comme un prince, M. Paquet a apporté avec lui des photos du club de 1977, dont une qu'il a remise à tous les membres de l'équipe. Il a aussi conservé des articles de journaux locaux et le sommaire du match contre l'équipe de Pont-Rouge, qui alignait à l'époque l'ancien Nordiques Michel Petit. «Ce sont des souvenirs qui sont gravés. Ce sont les plus beaux souvenirs de toute ma vie», a poursuivi Denis Paquet. 
Aujourd'hui âgés de 52 et 53 ans, les vieux camarades se sont rappelé leurs meilleurs moments et les «frissons» provoqués par le Colisée. Certains ne s'étaient pas vus depuis 35 ans.
«C'était immense. On parlait de ça avec les gars tantôt. [...] Il y avait beaucoup de monde dans les estrades en demi-finale! Il rentrait 10 000 personnes dans le temps au Colisée. Il devait y en avoir 8000. Quatre autobus de la polyvalente de Saint-Georges de Beauce étaient descendus pour nous encourager.»
Normand Gilbert se souvient quant à lui de la conférence de presse donnée par Bobby Hull - dont le fils Brett était pee-wee -, «juste derrière notre banc». «Il avait un os... de gros manteau de fourrure.» Hull, qui jouait alors dans l'AMH, était un des joueurs les mieux payés du monde du hockey. «Ça avait passé au téléjournal le soir.»
Même le coach était là! 
Même l'entraîneur-chef du Garage National a fait le trajet pour venir retrouver ses protégés, au grand plaisir des anciens joueurs. Yvan Nadeau, 71 ans, a travaillé pour la corporation des loisirs de Saint-Georges-de-Beauce pendant une dizaine d'années. Il a eu le temps de diriger quelques équipes durant sa «carrière» de coach. La demi-finale à Québec avec la classe de 1977 a été son «meilleur résultat».
M. Nadeau a eu la visite de Denis Paquet il y a quelques semaines et il a accepté de prendre part à cette journée bien spéciale. «Ils ont tellement changé que je n'en ai pas reconnu un!» a-t-il rigolé. 
Il était loin d'être un entraîneur sévère. «C'était pas aussi compétitif qu'aujourd'hui. On passait moins de temps à enseigner. En fait, on leur enseignait presque pas, on les faisait jouer. Pour eux autres, [le Tournoi pee-wee], c'était une grosse affaire. C'était tout un festival!»
Il a en tête l'image d'une bande de jeunes disciplinés et travaillants. Peut-être a-t-il voulu les épargner un peu, alors que certains ont décrit un groupe «robuste» et «qui déplaçait de l'air». Et c'est sans parler de la «petite peste» André Lévesque.