Des absences remarquables et remarquées

Il y a des absences compréhensibles, il y en a qui le sont moins. Celle de Stephen Harper, par exemple, qui ne s'est pas montré le bout du nez aux événements commémoratifs marquant l'anniversaire de la tragédie de Lac-Mégantic. À la place, M. Harper est allé au Manitoba pour y survoler les zones inondées. La gravité de ces inondations en faisait un incontournable, mais le premier ministre aurait pu y aller samedi, au lieu de participer à un événement partisan à Calgary. Après tout, c'est en partie à cause du laxisme des politiques fédérales en matière de transport ferroviaire que ce train a déraillé et explosé à Lac-Mégantic. Le gouvernement canadien a une responsabilité en la matière, et une obligation morale d'assurer pleinement sa part des coûts de reconstruction.
Mais on a fait sans lui. Son ministre Christian Paradis était là. C'est bien la moindre des choses, c'est sa circonscription!
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Il y a des absences compréhensibles, mais qui n'en sont pas moins regrettables. Celle de Pauline Marois, par exemple. Elle était tellement présente, à Lac-Mégantic, dans les jours et les semaines qui ont suivi le drame. On me dit qu'elle a été invitée à l'événement de dimanche et qu'elle a communiqué avec la mairesse Colette Roy Laroche pour expliquer qu'il lui serait impossible d'y assister parce qu'elle serait à l'étranger. C'est compréhensible mais c'est dommage, parce que la vie publique ne prend pas fin avec le retour à la vie privée. Mme Marois a montré tellement de compassion pour la communauté éprouvée, l'an dernier, qu'elle y aurait été accueillie avec beaucoup d'émotion et de reconnaissance. Stéphane Bédard l'a remplacée. C'est normal, mais ce n'est pas la même chose. François Legault aussi était là, tout comme Philippe Couillard, qui était accompagné de huit ministres. C'est normal que les chefs de parti assistent à de tels événements. Dans le cas de Mme Marois, sa présence aurait donné plus de profondeur à celle des politiciens. Elle aurait démontré que derrière la politique, il y a aussi des humains qui ne sont pas toujours motivés par des intérêts partisans.
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Gênant...
La situation dans laquelle se trouve Yves Bolduc est terriblement gênante pour le gouvernement Couillard. La sortie virulente, lundi, de Claude Castonguay dans La Presse illustre bien à quel point cette question met les libéraux dans l'embarras. M. Couillard jouissait d'une belle lune de miel avec l'électorat depuis sa victoire du 7 avril. Les sondages lui étaient favorables. Il aura besoin d'un appui populaire fort à l'automne pour aller de l'avant avec les politiques budgétaires annoncées pour atteindre le déficit zéro. C'est là où le cas de M. Bolduc fait mal.
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...et surprenant!
Quelqu'un saura-t-il expliquer pourquoi le ministre de l'Environnement, David Heurtel, a recruté André Boisclair pour le conseiller à raison de deux jours par semaine?
Parce que M. Boisclair ne travaillait que trois jours par semaine à la tête du COMEX où l'avait envoyé le gouvernement Marois qui ne savait pas comment l'occuper à 175 000 $ par année?
Je veux bien qu'on utilise ses talents, mais je trouve ça surprenant de voir le ministre faire appel aux conseils de M. Boisclair sur les changements climatiques. Le même André Boisclair a déjà vendu ses conseils à l'industrie gazière albertaine pour convaincre les Québécois d'aller de l'avant avec l'exploitation des gaz de schiste. Ça ne fait vraiment pas sérieux.