Déposer un premier brevet

Au Canada, les Québécois sont ceux qui déposent le moins de brevets que les inventeurs des autres provinces, au prorata de la population. Les Ontariens le font plus souvent que les autres Canadiens.
Il y a moins de dépôts de brevets par les chercheurs canadiens en proportion que par les inventeurs aux États-Unis. Dans le monde les Chinois grimpent rapidement dans l'échelle des demandeurs de brevets pour protéger leurs inventions.
C'est pour cette raison que le gouvernement québécois a mis sur pied un programme de subvention Programme Premier brevet pour inciter les inventeurs à faire la démarche. L'aide financière peut atteindre 50 % des dépenses admissibles jusqu'à un maximum de 25 000 $. Le programme s'adresse aux entreprises de 250 employés et moins en activité au Québec (https://goo.gl/Y7JDKB).
Si un inventeur peut faire la démarche seul, on conseille de faire affaire avec un agent de brevet accrédité, car il connaît les subtilités du processus. L'agent est au service de l'inventeur pour le faire réfléchir dans sa démarche et clarifier ses documents avant de faire le dépôt qui mènera à l'étude du dossier par un examinateur.
Louise G. Bernier et Dominique Pomerleau, de Robic, Alexandre Daoust, de Norton Rose Fulbright, et Benoit Yelle, de Gowling WLG, les experts consultés par Le Soleil,  précisent qu'une entreprise faisant affaire au Canada et aux États-Unis devrait faire sa demande de brevet aux États-Unis, en anglais. Si le brevet est accepté chez les voisins du Sud, ce sera alors plus facile de faire les démarches d'acceptation au Canada.
Aller en Asie, ce peut être attirant, mais les experts affirment que cela peut être coûteux sans être avantageux sauf pour les multinationales ayant de gros moyens financiers et des capacités de production pour fournir le marché ou installer un usine. Pour une PME, ça demande réflexion pour évaluer le rapport coûts-bénéfices.
Il n'y a pas de brevet à portée internationale, il faut faire la démarche pour chaque pays. En Europe par exemple, il y a une démarche générale qui couvre plusieurs pays, mais il faut aussi faire la démarche dans chacun des États où l'on veut faire affaire. Par contre, en effectuant une démarche pour la France ou l'Angleterre, les concurrents potentiels des autres pays sont avisés, ce qui limite l'intérêt pour la copie.
Au lieu de demander un brevet partout, une autre solution consister à assurer la production à l'étranger sous licence. Ainsi, l'inventeur verra son produit ou sa technologie vendus dans un pays en obtenant des redevances sur la vente du produit sans que lui-même ait à faire la production dans ce pays. 
Les laboratoires de recherches des universités et des organisations comme l'Institut national d'optique ont choisi ce moyen pour diffuser leurs innovations un peu partout. Les chercheurs font la découverte, ils s'entendent sur une redevance et c'est un fabricant qui met le produit en marché sous licence.