Demi-finale Canada-États-Unis: les fans ailleurs qu'au tournoi pee-wee

C'était bien tranquille au Colisée Pepsi en début d'après-midi, vendredi. Seulement quelques centaines de spectateurs y étaient présents alors que normalement, lors du dernier vendredi du tournoi pee-wee, ils sont quelques milliers. Mais le directeur général de l'événement, Patrick Dom, avait prévu le coup.
En ce jour de présentation de la demi-finale du tournoi de hockey olympique masculin, un match qui opposait le Canada aux États-Unis, il n'avait pas mis à l'horaire ses rencontres les plus vendeuses auprès des amateurs. «On projette sans savoir les résultats, a indiqué Dom. Mais c'est certain que les équipes qui risquent de nous emmener du monde auront toujours les meilleures plages horaires. Il ne faut pas oublier que l'on a un loyer à payer.
«Et si la finale avait eu lieu dimanche après-midi, j'aurais sûrement été l'un des seuls qui aurait souhaité que le Canada joue pour le bronze», a ajouté Dom en riant.
Interrogé sur la raison pour laquelle la demi-finale n'avait pas été présentée sur l'écran géant du Colisée Pepsi pendant les entractes des matchs, Dom a indiqué que le tournoi ne pouvait pas le faire parce qu'il n'en avait pas les droits. «C'est simple : nos commanditaires paient pour avoir du monde dans les estrades, pas dans les corridors. C'est cependant certain que l'on va diffuser la fin de la finale de [demain]. Le match est à 7h et il devrait donc se terminer vers 9h30. Et notre première rencontre doit avoir lieu à 9h. Mais ce sera juste la fin et pas la finale au complet.»
Le dîner d'équipe des Rangers de New York, organisé au restaurant Le Portofino, a eu une saveur bien spéciale, vendredi. L'activité n'a pas seulement été l'occasion pour les jeunes New-Yorkais de se rassembler une dernière fois avant le dernier sprint du tournoi pee-wee, il a aussi permis aux jeunes joueurs de visionner la demi-finale olympique entre le Canada et les États-Unis.
«Habituellement, lors d'un dîner d'équipe, on prépare son prochain match et on parle stratégies», a expliqué Aaron Aboodi, le numéro 62 des Rangers. «Mais c'était difficile d'écouter ce que le coach nous disait. Il y avait un téléviseur dans la salle où nous étions. Et je voulais savoir comment les États-Unis performaient. Mais comme nous avions une rencontre importante, je me suis finalement concentré sur ses propos.»
Défaite des grands, victoire des petits
Aboodi n'a pas caché sa déception d'avoir vu ses compatriotes s'incliner devant le Canada. Il s'est dit d'avis que les officiels avaient peut-être favorisé la formation unifoliée. «Au moins, on a gagné. Ça nous aide à accepter la défaite de l'équipe américaine.»
Il n'y a pas que les joueurs des Rangers qui ont pu suivre les exploits de leurs favoris à la télé. Leurs parents l'ont aussi fait. C'est le cas de Jason Mouzakes, qui s'est rendu dans un bar en compagnie du père de la famille où est hébergé son fils Zack pendant le tournoi pee-wee afin d'assister à la rencontre.
«Nous étions les deux seuls à encourager les États-Unis, a expliqué Mouzakes. Et nous étions entourés de gens qui prenaient pour le Canada. Des gens tellement amicaux et sympathiques. Ils ont même changé la télé de poste afin que nous puissions écouter le match en anglais. Ce fut très gentil de leur part.»
De leur côté, les joueurs des Little Caesars Sud de Detroit, sur la glace du Colisée Pepsi de 11h45 à 13h, ne semblaient pas trop préoccupés par le résultat du match entre le Canada et les États-Unis lorsqu'ils sont sortis de la patinoire. Ils ont d'ailleurs mis de très longues minutes avant de quitter leur vestiaire. Il n'y a pas de doute que leur défaite de 2 à 1 en fusillade avait éteint une grande partie de leur ferveur patriotique.