Émile Loranger considère qu'il est le seul à pouvoir remporter le bras de fer contre la Ville de Québec pour la quote-part.

Demande de destitution: fin des procédures contre Émile Loranger

Le maire de L'Ancienne-Lorette Émile Loranger ne risque plus la destitution; à bout de souffle, les deux citoyens qui le poursuivaient abandonnent leur requête en inhabilité.
Après avoir fait appel sans succès au ministère des Affaires municipales, Alain Fortin et Anthony Leclerc, deux citoyens de L'Ancienne-Lorette, avaient déposé en janvier 2012 une requête visant à faire déclarer le maire Loranger inhabile à siéger comme élu durant cinq ans.
Ils viennent de se désister. Le procès en Cour supérieure, qui devait commencer le 20 janvier et durer huit jours, est donc annulé.
Ce n'est pas de gaieté de coeur qu'Alain Fortin et Anthony Leclerc ont pris cette décision, un peu avant les Fêtes. «Je suis déçu parce que ça aurait fait jurisprudence, on aurait vu si les élus ont le droit de marcher à côté de la loi», a commenté M. Leclerc, joint par Le Soleil.
«Black-out financier»
Les deux hommes reprochaient au maire Loranger d'avoir plongé sa ville dans «un grand black-out financier de 33 mois» en omettant de déposer les états financiers de la municipalité, contrairement aux prescriptions de la Loi sur les cités et villes.
Les électeurs ont été tenus «dans l'ignorance totale», alléguaient les citoyens, et n'ont jamais pu poser de questions sur des dépenses qui, à leurs yeux, ont créé une situation financière précaire.
Le maire Loranger a reconnu avoir décalé durant près de deux ans le dépôt de ses états financiers. Ce retard, selon le maire, était étroitement lié au litige sur les quotes-parts d'agglomération.
Quoi qu'il en soit, en 2011, la petite ville de près de 17 000 habitants avait reçu à rebours une facture salée pour les dépenses d'agglomération, soit 12,8 millions $, une hausse de 9 %.
Les deux citoyens alléguaient aussi dans leur requête que le maire Loranger avait causé des frais d'administration et d'intérêt de plus de 400 000 $ en ne payant pas la totalité de la facture d'agglomération.
Alain Fortin et Anthony Leclerc réclamaient au total 1,4 million $ en dommages pour les citoyens lorettains.
Trop lourd combat
Après deux ans de procédures, le combat devenait tout simplement trop lourd pour deux citoyens, juge Anthony Leclerc. Et ce, même s'ils obtenaient de l'aide de la clinique Juripop et de la Ligue d'action civique.
«On a déjà investi beaucoup de temps et d'argent et si on perd, il y a des frais, fait remarquer M. Leclerc. Je ne voulais pas non plus risquer de me faire poursuivre pour diffamation.»
Le 3 novembre, Émile Loranger a été réélu pour un huitième mandat, avec 54,4 % des suffrages. Ce résultat à lui seul n'a pas découragé les requérants, assure Anthony Leclerc, mais montre quand même qu'une majorité de citoyens suivent le maire Loranger. «Les citoyens acceptent ce qui s'est passé, c'est la démocratie», juge-t-il.
Émile Loranger avait tenté en vain, à l'été 2012, de faire rejeter la requête en inhabilité qu'il jugeait abusive. «Le défendeur n'a jamais tiré quelque profit que ce soit et les reproches qui lui sont faits sont non fondés et inspirés par un esprit négatif répréhensible», écrivait le maire Loranger dans sa défense.
Mercredi, le maire Émile Loranger n'a pas souhaité commenter l'issue de cette procédure judiciaire.