Défilé: la reine en terrain conquis

Si Bonhomme demeure le roi incontesté du défilé du Carnaval, n'empêche qu'il a bien failli se faire détrôner par sa reine, Claudine Julien, si l'on en croit les cris et les applaudissements qui ont marqué leur passage dans les rues de Charlesbourg, samedi soir.
Il faut signaler que la reine de ce 63e Carnaval représente justement Charlesbourg et qu'elle se trouvait donc en terrain conquis, d'autant plus que ce duché n'avait pas eu de représentante sur le trône de la fête d'hiver depuis 1985.
Les spectateurs - beaucoup de familles avec de jeunes enfants - étaient nombreux à s'être massés au début du parcours, et l'intersection des boulevards Louis-XV et Henri-Bourassa était «noire de monde», pour reprendre l'expression consacrée. Certains étaient montés sur les bancs de neige pour avoir une meilleure vue d'ensemble.
Mais les plus petits, agglutinés le long des clôtures, n'en avaient que pour les personnages, danseurs et musiciens du défilé, espérant qu'ils s'approchent et viennent leur taper dans la main. Même la représentante du Soleil se faisait solliciter pour un high five, malgré son absence évidente de costume.
Les fameuses têtes de loup éclairées d'une lumière bleutée, de retour, ont encore une fois fasciné les spectateurs, de même que les grands cerfs qui s'avançaient vers la foule. 
Les têtes de narvals - ou «licornes des mers» - étaient presque identiques à l'an dernier, si ce n'est de l'ajout d'yeux qui les rendaient plus facilement identifiables. Avec eux nageaient des poissons multicolores, une nouveauté, au travers des glaces illuminées et de deux canots aux motifs d'inspiration amérindienne. 
L'organisation du Carnaval réservait une surprise aux spectateurs, deux éléments de taille qu'elle voulait garder secrètes jusqu'au jour J : un ours géant aux yeux illuminés, qui bougeait la tête et les pattes et arborait sur son corps des images nordiques - les plus petits en auront sûrement eu des frissons - et un char avec des glaces illuminées de multiples couleurs sur lequel se trouvait une sorte de dôme en tissu blanc, qui laissait voir des ombres représentant inukshuk, canot, animaux...
Le défilé du Carnaval ne serait évidemment pas complet sans les diverses troupes de danse, fanfares et figurants qui le composent. Noémie Côté, 11 ans, a confié avoir avant tout apprécié leur dynamisme, et avait une mention spéciale pour la troupe de Danse Attitudes - où elle prend des cours -, qui avait l'air d'une meute de loups.
Bonhomme, toujours
Pour le petit William, 4 ans, c'était clair : Bonhomme était la vedette incontestée! Le jeune garçon l'attendait impatiemment, avec un dessin du roi de la fête à la main, en compagnie de ses parents et de son petit frère Elliot, deux ans. Maman Valérie a aussi eu un faible pour la musique et les animaux illuminés, et a apprécié les interactions avec la foule.
Au travers des familles, un groupe de retraités se démarquait : Karen Cartier et MariAnn Pelletier assistaient à leur premier défilé avec des dizaines d'autres - «deux autobus!» - en provenance du Connecticut (nord-est des États-Unis). Les deux dames étaient très heureuses de découvrir l'hiver québécois et avaient un programme bien chargé pour la fin de semaine, avec notamment une visite de l'Hôtel de glace et un tour à la Course de canot dimanche.
Une soirée sans incident, selon la police
Le Service de police de la Ville de Québec a fait savoir en fin de soirée qu'aucun incident ne s'était produit lors du défilé de Charlesbourg. «Tout s'est bien déroulé et [il n'y a] aucun incident à souligner. De plus, nous ne dénombrons aucune arrestation en lien avec le défilé», a communiqué le porte-parole du SPVQ Pierre Poirier. Sans dévoiler le nombre d'agents mobilisés pour assurer la sécurité des spectateurs et des participants, le SPVQ a seulement indiqué avoir planifié «les effectifs nécessaires en fonction de ce type d'événement». Le Soleil a observé de nombreux policiers sur le terrain, le long du boulevard Louis-XIV et à l'intersection avec Henri-Bourassa. Un camion-citerne de la Ville a notamment été mis de travers sur Henri-Bourassa, un peu plus haut que l'intersection, pour empêcher le passage de tout véhicule.
Du côté de chez Harry
Véritable «institution» de Charlesbourg depuis 43 ans, le restaurant Chez Harry est devenu un incontournable pour des familles qui vont assister au défilé du Carnaval dans la basse ville. «Beaucoup de clients profitent du resto et du stationnement pour aller voir la parade. C'est très familial», indique le propriétaire du restaurant situé sur le boulevard Louis-XIV, Christos Niaros, qui dit compter sur certains habitués qui reviennent chaque année. «C'est une grosse soirée qui commence très tôt, les gens arrivent dès 16h30. On avise ceux qui veulent venir manger sans assister à la parade de venir après 18h30», ajoute Sylvie Morasse, conjointe de M. Niaros et aussi propriétaire. Vers 18h30, la plupart des carnavaleux étaient déjà sortis et Geneviève Drouin aidait son garçon Émilien, 5 ans, à s'emmitoufler pour aller rejoindre son père et des amis et marcher les deux coins de rue qui les séparaient de la fête.
Crêpes, saucisses et chapeaux de cowboy!
Dès 9h30 samedi, plus d'une centaine de personnes étaient déjà rassemblées à la place D'Youville pour prendre part au déjeuner western du Stampede de Calgary, une tradition du Carnaval de Québec. 
Coiffées de leur chapeau de cowboy, la petite Diana, deux ans, et sa mère Shelley Horn dégustaient une crêpe avec saucisse, le grand classique de l'événement. Mme Horn, qui habite Québec depuis trois ans, a indiqué au Soleil que la moitié de sa famille était à Calgary et qu'elle avait déjà assisté au Stampede, et qu'elle était donc bien heureuse de retrouver un petit peu des deux dans la capitale.
Difficile à manquer avec son chapeau aux multiples effigies du Carnaval et son épais manteau de fourrure, le Gaspésien Daniel Roy a fait la route vers Québec une 48e année de suite pour prendre part à la fête d'hiver. «J'ai toutes les effigies du Carnaval sur la tête, et une partie de ma maison [à Mont-Joli] ressemble à un musée du Carnaval», révèle ce grand fan. 
Témoin de «plusieurs virages» que l'organisation du Carnaval a effectués au fil des ans, M. Roy dit espérer que l'éclatement de l'événement sur plusieurs sites sera une réussite, même s'il trouvait que le rassemblement des activités sur les plaines d'Abraham était une «bonne idée».
Le Gaspésien déplore toutefois que certaines traditions se perdent. «Avant, on se promenait sur la rue Saint-Jean et les commerces faisaient jouer la musique du Carnaval, mais maintenant il n'y a plus rien... Même le Carnaval ne respecte plus les traditions. Au couronnement de la reine, c'était de la grosse musique [pop], il n'y avait même pas de musique du Carnaval [...] Je comprends que [l'organisation] cherche à faire revenir les jeunes, mais c'est tout de même dommage», remarque Daniel Roy.
Liens entre Québec et Calgary
Tout sourire et portant un grand chapeau de cowboy couleur crème, Fred Cribb participait samedi à son 30e déjeuner western. Le président du programme d'échange Québec-Calgary souligne que cela fait maintenant 61 ans que les deux villes sont jumelées, et que 2017 marque le 48e déjeuner western au Carnaval, tandis que Bonhomme est aussi mis bien en évidence lors du Stampede en juillet.
Les bénévoles s'attendaient à servir quelque 3000 déjeuners à la place D'Youville en avant-midi. «En 2008, on en a servi un peu plus de 5000!» affirme M. Cribb.
Aujourd'hui au Carnaval...
› Avant-course de la Course en canot
11h à 12h30, bassin Louise, près du stationnement du NCSM Montcalm
› Course en canot
12h30 à 15h
Bassin Louise du port de Québec
› Sculptures sur neige, volet international : remise des mentions
15h30 à 16h
Palais de Bonhomme (place de l'Assemblée-Nationale)