David MacDonald et Richard Ferron traversent le fil d'arrivée avec la satisfaction du devoir accompli au terme de la huitième et dernière étape de la course Gore-Tex Transalpine-Run 2013.

Défier les Alpes à la course

Pour Richard Ferron et David MacDonald, on ne peut pas dire que le mot vacances rime avec repos et tranquillité. En effet, toujours à la recherche de défis sportifs, les deux amis ne connaissent pas de frontière pour assouvir leur soif de dépassement et de découvertes.
C'est ainsi que les deux résidants de Lévis se sont retrouvés, il y a environ trois semaines, à sillonner au pas de course les Alpes. Huit jours et autant d'étapes en montagne à se mesurer quotidiennement à d'impressionnantes distances - jusqu'à 42,6 km! - sur des tracés aux dénivelés vertigineux, entre l'Allemagne, l'Autriche, la Suisse et l'Italie.
Un total de 260 km et de plus ou moins 15 000 mètres de dénivelé positif. Un exploit que le duo québécois a réalisé en compagnie de quelque 700 autres mordus de trail running ou course sur sentier de partout dans le monde, à l'occasion de la neuvième présentation de la prestigieuse course Gore-Tex Transalpine-Run.
Une «folie» à laquelle les deux marathoniens, triathlètes et randonneurs accomplis rêvent depuis des mois. Idée de Ferron, un amoureux de la montagne, la participation à la Transalpine-Run s'imposait. MacDonald a embarqué sans hésiter.
Il faut dire que le duo n'en était pas à son premier périple sportif. En 2012, les deux amis de longue date ont fait le Laugavegur Ultra Marathon, une course de 55 km en Islande. Un trek en montagne qui prend normalement trois jours à compléter et que Ferron et MacDonald ont réalisé respectivement en 6 heures 33 minutes et 7 heures 45 minutes!
Pour eux, couvrir rapidement de grandes distances avec un minimum de matériel est simplement une façon de faire différente, comparativement à partir avec un lourd sac pour plusieurs jours. «J'en profite autant, sinon plus», a observé Ferron au sujet de ces escapades en accéléré.
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À une époque où il enseignait le kick boxing, Richard Ferron courait pour garder la forme. La passion pour le jogging s'est ensuite développée. «C'était la place où je performais le plus naturellement», a raconté le grand mince, qui a eu 40 ans cette année.
De son côté, MacDonald a découvert la course à pied... par coquetterie! «Plus jeune, je devais faire cinq ou six kilomètres pour aller voir mes amis», s'est rappelé celui qui aura 33 ans jeudi. «J'avais 15-16 ans, et je ne voulais pas mettre de casque de vélo! Je me suis mis à courir...»
Les deux sportifs sont des collègues de travail chez Développement International Desjardins. Conseillers en informatique pour la coopérative, ils partent régulièrement en mission à l'étranger dans des pays en développement.
Une situation qui plaît aux deux globetrotters, mais qui complique les préparatifs d'une épreuve comme la Transalpine-Run. Car pendant que Richard se tapait jusqu'à quatre fois par sortie l'ascension du mont Sainte-Anne et multipliait les trajets au mont Washington, au New Hampshire, David devait se mettre en jambe... en Ouganda!
Installé en Afrique depuis un an en compagnie de sa conjointe, le Québécois a vite réalisé que Kampala, «la Ville aux sept collines», n'a pas le relief qu'on pourrait croire. Au mieux, un button de 50 mètres sur une montée de trois kilomètres! Ce qui fait que MacDonald est revenu à Québec deux mois avant le départ pour compléter son entraînement avec Ferron.
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En Europe, les deux amis n'étaient pas là pour rivaliser avec les vedettes des équipes pros comme Salomon, pratiquement deux fois plus rapides qu'eux. Les Québécois voulaient se dépasser... et finir! «On s'est surpris à comment on a [bien] récupéré», a observé MacDonald.
N'empêche, le voyage n'a pas été sans tracas. Ferron a dû batailler avec un étrange virus pendant la première moitié de l'aventure, au point où il a cru devoir abandonner. «Je devenais un zombie!» Quant à MacDonald, des douleurs aux genoux ont compliqué sa progression vers la fin de l'aventure. Néanmoins, les gars sont très heureux de leur expérience.
«Je voulais au moins me rendre à la quatrième journée...» a expliqué David. «On s'était dit de ne jamais abandonner le matin ou le soir. On prenait le départ et au pire on allait s'arrêter pendant.» Une bonne stratégie puisqu'une fois la machine en route, ils ont toujours retrouvé les ressources pour avancer.
À quoi rêvent-ils maintenant? Pour MacDonald, la TransRockies Run (193 km en 6 jours), au Colorado, est attirante. Ferron pourrait bien se laisser convaincre. Mais le père de famille s'intéresse aussi à des aventures plus courtes, mais tout aussi intenses. Comme les Mondiaux de Sky Running, la grand-messe de la course en montagne, présentée à Chamonix en 2014.
Ferron aimerait bien s'attaquer à l'épreuve du kilomètre vertical, ni plus ni moins qu'un sprint en montagne. «Tu te donnes et après c'est fini...» Et si les jambes résistent, le Québécois voudrait profiter de son passage pour participer également au marathon autour du mont Blanc.
Histoire de faire un peu plus de «tourisme» dans le coin... Pour Richard Ferron et David MacDonald, on ne peut pas dire que le mot vacances rime avec repos et tranquillité. En effet, toujours à la recherche de défis sportifs, les deux amis ne connaissent pas de frontière pour assouvir leur soif de dépassement et de découvertes.
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Une course d'équipiers
La situation ne semble pas causer de problèmes dans la réussite de leurs aventures : au pas de course, Richard Ferron est un peu plus rapide que son partenaire David MacDonald. Durant la Transalpine-Run, la différence de vitesse était un facteur à considérer car le duo ne pouvait se séparer par mesure de sécurité. À plus de 100 mètres l'un de l'autre - ou plus de deux minutes d'écart - à un moment ou à un autre, et c'était la disqualification. Ce qui fait qu'à part l'étape du kilomètre vertical, qui pouvait être courue de manière individuelle, la course devait être gérée en équipe. C'est ce que Ferron et MacDonald ont su faire avec brio. Car au-delà de la vitesse pure, ils avaient aussi à gérer le niveau d'énergie de l'un et de l'autre, de même que les petits bobos et malaises.
Côté sécurité, le duo a trouvé certains passages assez impressionnants. Sentiers étroits à flanc de montagne, sections escarpées où des cordes avaient été installées... «Ce n'était pas dangereux comme tel, mais le risque de blessures est grand si tu tombes...» a décrit David.