Après rondes de vérifications des prévisions météo et mûre réflexion, l'organisation, dont fait partie Patrice Boulay (accompagné ci-dessus de la participante Marie-Christine Ouellet), a décidé d'annuler l'étape de vendredi après-midi.

Défi kayak Montréal-Québec: «tricher» par sécurité

Je venais à peine d'enfiler mon anorak à capuchon et me préparais en prévision de l'après-midi particulièrement venteux qui s'annonçait, quand le verdict est tombé. Les risques - et les conséquences - d'affronter le vaste lac Saint-Pierre étaient tout simplement trop grands pour notre imposant groupe, vendredi après-midi.
<p>La centaine de participants, déçus mais compréhensifs, ont été transportés vers Trois-Rivières en autobus. Ils devraient atteindre le quai de Portneuf samedi.</p>
Les prévisions annonçaient du vent de 15 à 20 noeuds (de 28 à 46 km/h) pour la deuxième portion de la journée. Déjà en matinée, le souffle d'Éole qui venait de travers par l'arrière avait compliqué un peu les choses sur l'eau. La longue journée de la veille avait également laissé des traces, mais le moral des troupes tenait encore bon.
À la pause du midi, on sentait grandir la préoccupation des organisateurs et de l'équipe de sauvetage nautique qui encadre les pagayeurs sur l'eau en petits bateaux à moteur. À la rencontre des chefs d'équipe, le mot d'ordre était de bien faire comprendre aux participants que l'après-midi s'annonçait difficile et que les possibilités d'abandons étaient plutôt nulles. Particulièrement si celles-ci survenaient en grand nombre.
Autres rondes de vérifications des prévisions météo, autres rencontres au sommet et nouveaux conciliabules entre les organisateurs et la sécurité. Puis, après mûre réflexion, le risque a finalement été jugé trop grand. L'étape était annulée. Tous les participants allaient être transportés vers la destination finale, Trois-Rivières, par autobus. 
C'est qu'en s'engageant sur le lac Saint-Pierre, une portion d'une trentaine de kilomètres - sans réel point de sortie - rend les évacuations délicates, en particulier dans les conditions de vendredi. «Il faut penser au pire. Better be safe than sorry», résumait avec déception Mathieu Fortier. L'organisateur du Défi kayak Desgagné Montréal-Québec rappelait aussi que depuis le début, le grand plan d'eau à parcourir au jour deux était «le point qui pourrait bloquer».
Nous avons donc dû «tricher» par la 40. En route, la sensation était bizarre de progresser soudainement de la sorte, à longer rapidement ce fleuve que nous aurions dû découvrir au fil de l'eau. Mais tous les participants comprenaient. Sauf qu'assurément, ils resteront sur leur faim pour cette damnée quarantaine de kilomètres qui nous échappe de la sorte.
La réalisation complète des quelque 265 kilomètres du Défi kayak attendra donc à 2016. Peut-être. Car il faudra voir si dame Nature se montrera alors assez clémente durant quatre jours.
Prudence avant tout
En après-midi, quatre leaders d'expérience ont pris le fleuve kayak en direction de Trois-
Rivières. À leur arrivée, ils confirmaient ce que plusieurs craignaient : ça aurait passé. «Le vent est tombé, mais c'était la bonne décision à prendre», a cependant assuré Jonathan Chabot, l'un des kayakistes responsables de l'encadrement du Défi, qui était du quatuor.
Une bonne décision, car au-delà du grand nombre de kayakistes sur l'eau à la fois - une bonne centaine dans environ 75 embarcations -, il faut comprendre que plusieurs participants ne sont pas des pagayeurs d'expérience. Les risques étaient trop grands.
Tous des passionnés, mais beaucoup en sont à leur premier long voyage de la sorte. Mais c'était le but du Défi, être le plus accessible possible à tous pour mousser la pratique du kayak, avec la distance complète ou à relais. 
Ce qui fait que certains sont de l'aventure à leur premier été de kayak. Y compris pour la journée complète de 65 kilomètres dans quelques cas. 
Assurément un exploit digne de mention, rien de moins.
Au programme aujourd'hui
Trois-Rivières (île Saint-Quentin) à Portneuf (quai de Portneuf) avec un arrêt à la plage de Batiscan.
Info : defikayak.org
Pour cette aventure, le fabricant de vêtements et d'accessoires nautiques Kokatat habille sur l'eau Jean-Sébastien. Côté kayak de mer, c'est la Boutique Boréal Design qui fournit l'embarcation.