Le Massif de Charlevoix compte une quarantaine de guides bénévoles. Ceux rencontrés lundi s'expliquent mal cet accident survenu dans une section pourtant facile de la montagne.

Décès d'un guide au Massif de Charlevoix: la SQ enquête

Des enquêtes sont en cours à la suite du décès du guide bénévole Mario Bédard au Massif de Charlevoix, dimanche. La Sûreté du Québec et le coroner, mais également la CSST et le Massif se penchent sur les circonstances entourant l'accident.
<p>Mario Bédard était guide depuis 2005.</p>
«Je comprends pas ce qui s'est passé. C'est un choc», commentait l'un des collègues guides du skieur décédé dimanche. «Je l'avais salué en début de journée. C'est arrivé dans une section pourtant facile. C'était un skieur expérimenté, qui connaissait bien la montagne.»
L'accident de M. Bédard, qui est également résident de Baie-Saint-Paul, a créé une onde de choc à la station de ski et dans la communauté. Des employés et des guides entraient à la station lundi matin et découvraient avec émotion l'identité du collègue décédé. Une équipe de soutien psychologique a été mise à la disposition du personnel.
En fait, au lendemain de l'accident, les questions étaient nombreuses au Massif et dans la famille des guides, une équipe qui compte une quarantaine de skieurs bénévoles chevronnés qui accompagnent et informent la clientèle sur le domaine skiable.
Âgé de 56 ans, M. Bédard était guide à la station de ski de Petite-Rivière-Saint-François depuis 2005. Dimanche après-midi, il manquait à l'appel au moment de rapporter les équipements de communication dont on équipe le personnel en montagne. «L'équipe de bénévoles se rassemble toujours en fin de journée. Dimanche, ce guide était absent au rassemblement de fin de journée. Les autres ont commencé à s'inquiéter. Ils ont suivi le protocole et ont commencé les recherches», précise la directrice des communications du Massif, Kim Martel.
La Sûreté du Québec s'est jointe aux recherches. C'est finalement à partir des données GPS de son téléphone cellulaire que l'homme a été retrouvé, en bord de piste. Inconscient, le skieur a été évacué par les patrouilleurs et transporté par ambulance à l'hôpital de Baie-Saint-Paul, où son décès a été constaté.
«Il était un skieur d'expérience. C'était un passionné de ski et de la station, qui connaissait bien la montagne», ajoute Mme Martel, s'en remettant aux enquêtes en cours pour savoir ce qui s'est passé dans une piste de niveau intermédiaire, entre les pistes L'anguille et La pointue, présentée comme «facile» par ses collègues skieurs. La SQ croit que l'homme aurait pu être victime d'un malaise avant ou après sa chute. L'autopsie devrait permettre d'en apprendre davantage, précise le porte-parole de la SQ, Jean Tremblay.
Quatre nnquêtes
Quatre enquêtes sont actuellement en cours afin de connaître les circonstances de l'accident, soit celles de la SQ et du coroner ainsi que de la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST). Le Massif investigue également.
«Même s'il s'agissait d'un travailleur bénévole, nous faisons enquête parce que nous sommes sur un lieu de travail. Le but de notre équipe d'enquêteurs est de trouver des réponses et de voir si ce genre d'accident peut être évité», précise la responsable des communications et des relations publiques pour la CSST, Lucie Michaud.
Pour la CSST, ce décès d'un bénévole alors qu'il était sur ses skis serait un événement unique. «De mémoire, les autres décès [autres que des clients] que nous avons eus dans des stations de ski concernaient un patrouilleur et des travailleurs à l'entretien [mais pas en ski]», précise Mme Michaud.