Noémi et Audrey Bélanger, qui ont été retrouvées sans vie dans un hôtel thaïlandais en 2012, auraient vraisemblablement été tuées par un pesticide.

Décès des soeurs Bélanger: une compensation ridicule, clame le père

Le gouvernement thaïlandais a offert 20 000 $ pour les décès d'Audrey et Noémi Bélanger, survenus en juin 2012 dans un hôtel thaïlandais. «C'est ridicule», répond le père des deux jeunes filles.
«C'est de la foutaise. Il ridiculise la mort de nos deux filles. Il n'y a eu aucun respect. Ce n'est pas pour de l'argent qu'on pousse», lance Carl Bélanger, qui habite Pohénégamook au Bas-Saint-Laurent.
Le ministère de la Santé thaïlandais a révélé hier que deux jeunes Québécoises, trouvées sans vie dans une chambre d'hôtel deux jours après leur arrivée sur l'île de Phi Phi, avaient été intoxiquées aux pesticides. Le produit serait considéré comme illégal. Il aurait été utilisé pour tuer des punaises dans les chambres de l'hôtel qu'occupaient les soeurs Bélanger.
La famille Bélanger refuse la compensation financière. Elle réclame plutôt des sanctions contre l'établissement hôtelier. Le père des victimes dit avoir toujours été persuadé que les pesticides étaient en cause dans le décès de ses filles.
Difficulté majeure
La difficulté majeure dans ce dossier, convient Carl Bélanger, est de pouvoir faire une preuve scientifique des effets toxiques du produit utilisé. «Il y a une différence entre supposer une chose et des rapports scientifiques. Il y a un cas d'une famille en Norvège en mai 2009. Le rapport d'autopsie de la fille de cette famille publié en juin 2013 supposait encore que c'était des pesticides. Elle n'a eu aucune indemnité et finalement elle a arrêté de se battre pour s'occuper du fils qui lui reste», a-t-il précisé. M. Bélanger n'avait toujours pas visionné l'émission Enquête - diffusée hier - au moment d'accorder l'entrevue au Soleil.
L'hypothèse la plus vraisemblable serait que les deux jeunes Québécoises auraient été intoxiquées par du phosphure d'aluminium, un produit qui dégage un gaz mortel, la phosphine. Le phosphure d'aluminium aurait fait d'autres victimes, plus d'une dizaine depuis cinq ans dans des chambres d'hôtel du sud-est asiatique.
Carl Bélanger est bien conscient qu'il s'agit d'un combat du type David contre Goliath, visant l'industrie touristique. La Thaïlande a reçu quelque 26 millions de touristes en 2012. «Il y a eu deux morts suspectes en 2012 et c'est tombé sur mes deux filles. Quand tu dis que ça arrive juste aux autres, ce n'est pas vrai. On était la famille la plus unie...»
Le combat de la famille Bélanger va continuer. «On avait deux filles qui étaient des battantes. Si c'était leurs parents à qui il serait arrivé la même chose en Thaïlande, elles se seraient aussi battues pour avoir la vérité. Moi, je veux avoir la vérité. Je vais faire un bout. Je veux des pardons et des excuses. Au Québec, on aurait procédé de la bonne façon en fermant l'hôtel et en faisant une enquête.»
La famille Bélanger attend le dépôt du rapport d'investigation du coroner, Renée Roussel. Le Bureau du coroner a précisé au Soleil que l'enquête du coroner n'est pas terminée. On était en attente, entre autres, d'un rapport en toxicologie et celui des forces policières. La date de remise du rapport du coroner est inconnue.