Louis LeBeau

Décès de l'animateur de radio Louis LeBeau

L'animateur de radio Louis LeBeau est décédé lundi, à la Maison Michel-Sarrazin, des suites d'un cancer des ganglions qui s'était généralisé. Il avait 63 ans.
M. LeBeau a eu une carrière de près de 45 ans à la radio, dont 40 derrière les micros de plusieurs stations commerciales de la région : CJRP, CFLS, CHOI (avant son format actuel), CKCV, CHRC, CFOM, FM93, et plus récemment le FM 101,5 (CHEQ) de Sainte-Marie, qui aura été son dernier employeur.
L'animateur a fait ses débuts en 1970 à Granby. Il oeuvrera ensuite à Thetford Mines, puis à Ottawa, avant de s'installer à Québec et au micro de CJRP, en 1974. Mais il s'est véritablement fait un nom lorsqu'il a pris l'antenne à CFLS, un an plus tard. Il y restera jusqu'en 1986 et fera notamment partie de La Grosse Machine Jaune, une équipe de balle molle très populaire (et très compétitive!), qui a fait les belles heures des stades municipaux de la région, et dont les plus vieux se rappelleront avec nostalgie.
CFLS était alors LA station de succès Top 40 et Louis LeBeau avait contribué à faire grimper ses cotes d'écoute à plus de 314 000 auditeurs. «Mais il était numéro un quasiment partout où il allait», ne se surprend pas son grand ami depuis 40 ans Mario Paquin, qui a d'abord été son collègue, puis son patron à CFOM, au FM93 et à CHEQ. «C'était un excellent animateur et il avait une personnalité en ondes, pas juste une voix. Louis s'intéressait à tout, à tout le monde, mais il était aussi très compétitif. En ondes, il aimait beaucoup se moquer des autres stations!» se rappelle en souriant M. Paquin, aujourd'hui représentant commercial à la station de Sainte-Marie.
Les deux amis ont également lancé ensemble CFOM 102,9 (l'ex-CFLS devenue country), en 1995, une antenne oldies qui a connu un grand succès dès ses débuts, et dont Louis LeBeau était la grande vedette. Car l'homme de radio était un spécialiste de la musique des années 50 et 60, une véritable bible des succès souvenirs francophones et anglophones, rappelle celle qui fut sa dernière «patronne», Chantal Baribeau, directrice générale du FM 101,5.
«J'étais impressionnée par ses connaissances musicales et sa passion infinie du métier et de ses auditeurs. Tu apprenais tout le temps quelque chose quand tu écoutais Louis», explique Mme Baribeau, qui ajoute que Louis LeBeau a été en ondes à la station de Sainte-Marie jusqu'au début de février dernier, quelques jours à peine avant d'apprendre qu'il était atteint d'un cancer qui lui aura été fatal. 
Le respect des gens
De son côté, Jacques «Coco» Fortin, son ancien collègue de CFLS, évoque le respect qu'avait LeBeau pour ses auditeurs. «Il disait toujours que faire de la radio n'était pas un droit acquis mais un privilège. Il adorait rencontrer les auditeurs et prenait toujours le temps de leur parler et de les écouter», raconte M. Fortin, qui précise que Louis LeBeau avait aussi un talent rare : faire des images avec des mots.
Christian Riverin, un ex-animateur sportif aujourd'hui rédacteur, qui a travaillé avec Louis LeBeau (à CFLS, CFOM et au FM93) et a joué au sein de la fameuse Grosse Machine Jaune, se souvient d'un passionné, dédié à son travail, qui «s'occupait du monde». «Quand il était directeur des programmes, il écoutait les émissions de la veille et prenait ses animateurs un à un, pour faire ses commentaires.» M. Riverin, devenu un ami proche, ne garde en mémoire que de bons souvenirs de l'animateur décédé, un homme qui avait beaucoup d'humour. «On aimait ça le taquiner aussi, parce qu'il prenait pour le Canadien. On aimait ça le faire choquer!»
Louis LeBeau laisse dans le deuil sa femme, France, ses trois enfants, ses deux petits-enfants, de même que plusieurs artisans du monde de la radio et de nombreux auditeurs.