Jean-Paul L'Allier et Régis Labeaume en décembre 2010

Décès de L'Allier: Labeaume salue les fusions municipales

Dans un hommage senti, où il a réprimé ses larmes à quelques reprises, le maire de Québec, Régis Labeaume, a salué le courage de Jean-Paul L'Allier et identifié les fusions municipales comme son oeuvre la plus importante. «Il a donné à cette ville, par les fusions, son poids politique et sa force financière. Et ça c'est incroyable.»
Lors de sa première déclaration de l'année, qui a porté sur le seul thème du décès de M. L'Allier, le maire a présenté son prédécesseur comme «un grand maire», «un homme remarquable, courageux dans l'action, courageux dans ses opinions».
M. Labeaume a admis profiter de son héritage. «On ne peut imaginer aujourd'hui ce que serait Québec sans cette transformation profonde», a-t-il déclaré. «Il [M. L'Allier] a établi les bases avec les fusions qui nous permettent de nous envoler aujourd'hui», a-t-il ajouté.
L'élu municipal a statué que «pour cela, tous les maires qui le suivront et toute la population lui seront éternellement redevables». «Merci M. le maire L'Allier», a lancé Régis Labeaume, au bord des larmes devant les caméras.
Bonne entente
Celui-ci a admis que les deux politiciens n'étaient pas des amis, mais qu'ils s'entendaient bien et aimaient beaucoup rigoler ensemble. Ce qu'ils ont d'ailleurs fait lors de leur dernière rencontre dans un restaurant de la ville, il y a quelques semaines à peine.
M. Labeaume garde un bon souvenir de leur tête-à-tête à l'hôtel de ville de Québec lors de son entrée en politique, alors qu'il souhaitait prendre le leadership du Renouveau municipal de Québec (RMQ), le parti de l'ancien maire. «Il m'avait donné quelques conseils de vieux combattant chinois», a-t-il relaté en riant.
Quant aux critiques qu'ils se sont adressé mutuellement au fil des ans - sur la construction de l'amphithéâtre et les relations avec les employés municipaux, entre autres -, M. Labeaume n'en fait pas de cas. «C'était comme à la lutte. Quand on se voyait, on ne s'en souvenait pas.»
Pour expliquer son intense émotion, le chef d'Équipe Labeaume a référé aux décès d'Andrée Boucher et de Jean Pelletier, qui ont précédé M. L'Allier. 
«Ça fait trois maires de Québec qu'on perd en neuf ans, l'air de rien. Il nous reste cette force de la nature qu'est le maire [Gilles] Lamontagne, qui a 96 ans. On commence à se sentir seul», a-t-il soupiré.