Une centaine de parents et d'amis d'Antoine Valois-Fortier, notamment ses grands-parents, ont assisté à ses deux combats, mardi, au Dojo de Beauport.

Déception et fierté au Dojo de Beauport

Le favori de la foule se retrouve au plancher, victime d'une belle manoeuvre de l'adversaire. Les spectateurs soupirent leur déception. Tombe ensuite un court silence aussi crève-coeur que les pleurs du héros malmené.
Par deux fois, la centaine de parents et amis d'Antoine Valois-Fortier réunis mardi au Dojo de Beauport ont vécu pareilles émotions. D'abord, lors de la défaite en prolongation du judoka de Québec en quarts de finale contre le Russe Khasan Khalmurzaev. Puis lors de son combat de repêchage face au Japonais Takanori Nagase.
Le premier échec, subi après deux belles victoires, sonnait le glas des chances de médaille d'or de Valois-Fortier, son objectif. La deuxième l'empêchait d'espérer le bronze, quête déjà réussie à Londres, il y a quatre ans.
Dans la foule, il y avait des yeux rougis après la défaite contre le Japonais. Ceux de grand-papa Gaston; ceux de cousin Denis, aussi. «Il n'y a pas de mots. Il n'y a pas de mots pour [décrire] la fierté qu'on a pour cet enfant. Il a un bon judo et une belle personnalité. Il est gentil, il est fin. C'est un parfait», a réagi Gaston Fortier en retenant un sanglot. «Ça nous fait beaucoup de peine pour lui parce qu'il a tellement travaillé et c'est tellememt de sacrifices», a-t-il ajouté. 
«Oui, à quelque part c'est décevant. Mais on ne peut rien lui enlever. Antoine, c'est mon idole et ce sera toujours mon idole», a affirmé Denis Fortier, cousin aîné d'Antoine.
Adversaires coriaces
Avec justesse, les proches de Valois-Fortier ont mentionné le fort calibre de ses adversaires du jour. D'abord le Français Loïc Pietri, champion du monde en 2013; puis l'Argentin Emmanuel Lucenti, septième aux JO de 2012. Deux grosses pointures vaincues. En matinée, les explosions de joie ont d'ailleurs été nombreuses devant l'écran géant installé pour l'occasion dans l'alma mater sportif de Valois-Fortier.
L'athlète de 26 ans a ensuite mordu le poussière contre le champion d'Europe (Khalmurzaev) et le champion du monde (Nagase). «On est contents de la journée d'Antoine, a affirmé grand-papa Gaston. Il a fait de beaux combats. Ç'a été des combats difficiles. Contre des adversaires de première ligne. On ne s'attendait pas que ce soit facile!»
Tous étaient unanimes sur une chose, mardi : Valois-Fortier poursuivra sa carrière jusqu'aux Jeux olympiques de 2020, à Tokyo. «Comme je connais Antoine, il va rebondir», a dit Daniel Tabouret, fondateur du Dojo de Beauport, où l'olympien a commencé le judo, alors qu'il n'était qu'un bambin. «Certainement qu'il va se rendre jusqu'à Tokyo. Il va accumuler de l'expérience, il va accumuler de la technique. C'est un garçon qui se prépare très bien mentalement.» Ses meilleures années sont devant lui, croit même Tabouret.