Françoise David,  François Legault, Pauline Marois et Philippe Couillard, peut avant le débat des chefs, jeudi soir

Débat des chefs : Marois veut rassurer au sujet d'un éventuel référendum

Il n'y aura pas de référendum sur la souveraineté tant que les Québécois ne seront pas prêts à la faire, a soutenu d'entrée de jeu la chef péquiste Pauline Marois, lors du débat télévisé des chefs, jeudi soir.
Le débat des chefs est présenté par Sébastien Bovet et Anne-Marie Dussault.
Comme le chef libéral Philippe Couillard, Mme Marois n'a pas perdu de temps pour aborder l'enjeu principal de la première partie de la campagne électorale, soit la tenue éventuelle d'un référendum sur la souveraineté au cours du prochain mandat si le Parti québécois est réélu.
M. Couillard a lui aussi profité de sa déclaration d'ouverture pour camper sa position sur le sujet, en disant que son parti allait créer des emplois, tandis que selon lui un gouvernement péquiste ne chercherait qu'à faire un référendum sur la souveraineté.
Or, si elle forme le prochain gouvernement, Mme Marois a dit que ses priorités seraient justement la création d'emplois et l'adoption de la charte de la laïcité. Très combative, elle s'est appliquée à faire la démonstration que Philippe Couillard ou Jean Charest à la tête du Parti libéral, c'était du pareil au même.
Le chef caquiste François Legault a estimé que le chef libéral et la chef péquiste étaient tous deux déconnectés de la réalité des Québécois, tandis que la coporte-parole de Québec solidaire, Françoise David, a parlé de justice sociale en rappelant l'importance de maintenir les programmes sociaux et de miser sur l'économie sociale.
Durant la soirée, les quatre chefs ont été appelés à débattre autour de quatre thèmes: la situation économique et la création d'emplois, le filet de sécurité sociale, la gouvernance de l'État, qui inclut les questions d'intégrité, et enfin l'identité nationale, l'enjeu entre tous qui aura été au coeur de la première partie de la campagne électorale, qui s'achèvera le 7 avril.
Le programme de la soirée prévoyait diverses combinaisons de face-à-face entre les chefs, 16 au total, dont deux entre Pauline Marois et Philippe Couillard, le premier portant sur les enjeux économiques, notamment l'exploration pétrolière, et le second sur la question nationale.
Trois chefs (Mmes Marois et David et M. Legault) avaient déjà eu l'occasion de croiser le fer lors du débat de l'élection de 2012. Pour M. Couillard, par contre, il s'agissait d'une première expérience.
Le débat de deux heures, diffusé sur les ondes de Radio-Canada et Télé-Québec, est animé par les journalistes Anne-Marie Dussault et Sébastien Bovet.
Quelques citations du débat
Pauline Marois, Parti québécois
«M. Couillard, pour faire oublier les années libérales, voudrait vous faire croire qu'il s'agit d'une élection qui porte sur le référendum. Faux. Il n'y en aura pas, de référendum... tant que les Québécois ne seront pas prêts.»
«Donc vous, vous êtes contre l'exploration du pétrole sur l'île d'Anticosti, et moi, je rassure les Québécois: s'il y a du pétrole sur l'île d'Anticosti, il y aura un BAPE et nous allons exploiter ce pétrole de façon responsable. Il me semble que quand on est chef de gouvernement, il faut être capable d'avoir de l'audace pour protéger nos ressources naturelles.» - s'adressant à Philippe Couillard
Philippe Couillard, Parti libéral
«Ce que vous proposez (Mme Marois) pour Anticosti pour moi ça sent l'amateurisme. (...) C'est comme acheter un billet de loterie et dire à son conjoint ''regarde je suis millionnaire, j'ai un billet de loterie''. Vous ne pouvez pas jouer l'argent des contribuables à la loterie.»
«Je trouve que vous intervenez dans l'économie de façon très dirigiste, et sur ce point, je ne vois pas comment vous vous distancez du Parti québécois.» - s'adressant à François Legault
«La méthode que vous utilisez (pour les statistiques sur les emplois) crée de l'obscurantisme. Ça arrive souvent chez vous les cachettes. Si c'est vrai qu'il y a autant de jobs qui ont été créées au Québec, si c'est vrai que ça va aussi bien, comment ça se fait qu'il manque 3 milliards $ dans les coffres (de l'État). Pourquoi il n'y a pas une cenne dans les coffres de l'État?» - s'adressant à Pauline Marois
«Vous avez induit une sorte de récession au Québec. C'est vous qui avez tué le Plan Nord.» - s'adressant à Mme Marois
François Legault, Coalition avenir Québec
«J'aime bien les Gaspésiens, mais je n'aime pas le gaspillage», au sujet du projet de la cimenterie à Port-Daniel.
«Pourquoi, Mme Marois, vous avez choisi de laisser tomber les gens de la classe moyenne? Pourquoi vous avez menti?» - au sujet de la taxe santé
«Depuis que vous êtes au pouvoir, Mme Marois, il y a zéro emploi à temps plein qui se sont créés, alors qu'en Ontario, il s'en est créé 110 000 en 18 mois. Vous n'avez créé aucun emploi à temps plein et vous êtes contente de ça, vous êtes contente de votre bilan? Vous vous satisfaisez de peu, Mme Marois.»
Françoise David, Québec solidaire
«Mme Marois, je ne comprends pas pourquoi vous allez de si bon coeur dans le pétrole. Il me semble que ça va à contre-sens de tous vos engagements écologistes.»
«Mine de rien, vous êtes d'accord (sur les emplois). Il s'est créé un certain nombre d'emplois au Québec, mais vous êtes insatisfaits de la croissance. Mais ce que nous n'avons pas fait depuis deux ans, c'est de ne pas assez stimuler l'économie québécoise.» - s'adressant aux trois autres chefs concernant les données sur l'emploi
«Évidemment qu'il faut créer de la richesse, on ne fera pas de débat là-dessus. (...) On la crée aussi par le partage de la richesse, lorsque les gens paient des taxes et des impôts. Il ne faut pas juste se dire: ''créons de la richesse et après, si ça adonne, on la redistribuera''.»