INDIE ROCK, Kintsugi, Death Cab For Cutie

Death Cab For Cutie: recoller les pots cassés ***

Kintsugi, le titre du huitième album de Death Cab For Cutie, nous ramène à une technique japonaise selon laquelle des poteries cassées sont réparées à l'aide de métaux parfois précieux...
Bref, on refait du beau à partir de quelque chose de brisé. La métaphore colle bien à cet album ancré dans les ruptures : celle du chanteur Benjamin Gibbard avec l'actrice Zooey Deschanel (qui teinte les textes et l'ambiance des chansons) et celle du groupe avec l'un de ses membres fondateurs, le guitariste et réalisateur Christopher Walla.
Une aura de tristesse traverse Kintsugi de bout en bout. Dans les paroles saupoudrées de rejet, de distance, d'insatisfaction ou de solitude, mais aussi dans la musique aux échafaudages soignés, empreinte de douceur et d'introspection.
L'heure n'est pas aux chansons hop la vie et c'est assumé. Alors que les segments plus rythmés semblent plus tièdes et moins sentis, le groupe excelle lorsqu'il joue à fond la carte de la mélancolie (dans l'épurée Hold No Guns ou la joliment construite Everything's a Ceiling).