«Ce que ça pose comme questionnement, c'est qui dirige au Québec? Est-ce que c'est Mme Marois, comme première ministre? Est-ce que c'est son mari qui dirige et tire les ficelles? Ou bien c'est la FTQ?» s'est interrogée la libérale Lise Thériault.

«Deal» avec la FTQ: le PLQ et la CAQ outrés par la réponse de Marois

Qui dirige le Québec? lance la libérale Lise Thériault. La première ministre Pauline Marois? Son mari Claude Blanchet? Ou bien la Fédération des travailleurs du Québec?
La députée d'Anjou-Louis-Riel a formulé ce commentaire, mercredi matin, après avoir entendu une première réaction de la chef du gouvernement par rapport aux révélations à la commission Charbonneau sur un présumé «deal» entre la FTQ et M. Blanchet.
De Davos, en Suisse, où elle est en mission économique, Pauline Marois a balayé du revers de la main les allégations. «Il n'y a pas d'entente conclue, il n'y a pas de deal, comme ils disent.» La Presse Canadienne rapporte que les relations entre la centrale syndicale et son conjoint se limitaient à un partenariat d'affaires.
En impromptu de presse, la députée libérale, tout comme la Coalition avenir Québec, a insisté sur le fait que les explications de la première ministre sont largement insatisfaisantes. «On a tous entendu l'extrait de l'écoute électronique. Il y a une déclaration entre deux chums [Jean Lavallée et Michel Arsenault, ex-président de la FTQ-Construction et président sortant de la FTQ].
«Ils parlent [...] de leurs amis de la FTQ [...], de la chef de l'opposition à l'époque, en l'appelant Pauline, et du mari de la première ministre, en disant : on a un deal avec Blanchet. Il y a là un signe de proximité incroyable.
«Je vais même aller plus loin», a ajouté l'élue du Parti libéral du Québec. «Ce que ça pose comme questionnement, c'est : qui dirige au Québec? Est-ce que c'est Mme Marois, comme première ministre? Est-ce que c'est son mari qui dirige et tire les ficelles? Ou bien c'est la FTQ? Ça me pose un problème.»
La libérale a soutenu que, depuis l'accession au pouvoir de Mme Marois, en septembre 2012, le Parti québécois aurait rendu «trois décisions favorables à la FTQ». Elle a cité notamment le règlement sur le conflit de travail qui avait paralysé les chantiers de construction.
La députée caquiste Sylvie Roy a fait observer que «la réponse de Pauline Marois est trop maigre». «Mais je suis bien obligée de la prendre.» Il revient à Claude Blanchet «de s'expliquer en premier lieu», a-t-elle poursuivi.
Sylvie Roy a parlé des liens «incestueux» entre le Parti québécois (PQ) et la FTQ. Elle a rappelé que le Fonds de solidarité de la FTQ a bénéficié de subventions et que Claude Blanchet l'a dirigé pendant 14 ans.
Alors membre de l'Action démocratique du Québec, Sylvie Roy a été la première à réclamer une commission d'enquête sur la corruption dans le secteur de la construction. Elle n'a pas manqué d'être ironique face au PQ et au Parti libéral du Québec (PLQ),
Le parti de Pauline Marois a attendu six mois avant de réclamer une investigation, a mentionné la députée. Et encore, a-t-elle avancé, personne ne croyait que Jean Charest, le chef du gouvernement libéral, à l'époque, l'accorderait.
Quant au PLQ, «pendant 925 jours, il n'a pas voulu de l'enquête».