deadmau5: les souris dansent au FEQ!

Pour un artiste qui a choisi le nom d'un petit rongeur - mort, de surcroît! -, deadmau5 (prononcer dead mouse) offre une image diamétralement opposée lorsqu'il monte sur les planches. Figure incontournable de la scène électro, Joel Zimmerman a pris d'assaut le Festival d'été mercredi soir avec une production lourde et une proposition musicale qui a gardé son public non seulement réveillé, mais sautillant.
Le Canadien a succédé aux Skrillex et Tiësto à titre de tête d'affiche de la soirée électro du Festival d'été, jeune tradition qui en était mercredi à sa troisième présentation. Il n'avait pas voyagé léger. S'il se cache derrière sa désormais mythique tête de souris pendant ses prestations, Joel Zimmerman s'est encore plus éclipsé mercredi derrière un déluge sonore et une orgie de projections, restant souvent lui-même dans la pénombre.
L'homme à la tête de souris a pris place dans une structure scénique faite de cubes-écrans, au sommet de laquelle il régnait sur les festivaliers. Après une entrée en matière plutôt sobre (dans l'ombre, sur un air de piano), deadmau5 n'a pas tardé à réchauffer la machine, variant les ambiances autant que les thématiques visuelles. Dans les premières minutes du spectacle, du moins : au moment de mettre sous presse, la fête allait bon train, mais ne faisait que commencer...
Marathon électro
Plus tôt en soirée, un véritable marathon électro avait précédé les beats de deadmau5 sur la grande scène. À notre arrivée sur les Plaines, St-Michel terminait sa prestation alors que le parterre était toujours passablement dégarni et que les premiers festivaliers au regard hagard recevaient les soins des secouristes.
Accompagné du chanteur Face-T, D.J. Poirier a complété le volet québécois de la soirée avec une livraison qui a commencé à dégourdir la foule jusque-là plutôt statique. Vrai que Face-T n'a pas ménagé ses efforts pour faire bouger ce public à la moyenne d'âge plutôt basse, brandissant flamants roses ou crocodiles gonflables ou arborant la tête de souris de circonstance.
Juste après, l'Américain Robert Delong a sué à grosses gouttes en maniant autant les machines que le micro et en s'offrant quelques solos de batterie bien sentis. Fort sympathique, le monsieur... Un peu plus que son compatriote Alvin Risk, qui a bien fait danser son parterre, mais avec une prestation, disons, moins polyvalente.
Juste avant deadmau5, The Glitch Mob a fini de mettre la table d'habile - et pesante! - façon. Les Californiens sont débarqués à Québec avec tout un attirail, qu'ils ont manié de manière pour le moins percussive et savamment chorégraphiée (ils avaient parfois l'allure de sonneurs de gong aussi futuristes que frénétiques!). De quoi saturer l'air des Plaines d'un torrent de décibels.