Sac pliable Noujica, 175 $

De tout pour faire un sac

Cravates, banquettes de voiture, voiles de bateau... Les créateurs québécois trouvent de tout pour faire des sacs originaux et écolos. Et puisque le sac et un accessoire utilitaire mode qu'on porte au moins trois fois plus souvent que n'importe lequel de ses chandails, aussi bien faire en sorte qu'il soit un coup de coeur.
<p>Grands sacs fourre-tout de Julie Morel,60 $</p>
<p>Sac à lunch d'OBV, 20 $, en vente à la boutique MATERIA et à Article 721</p>
OBV
OBV, c'est Olivier Bhérer-Vidal, un artiste touche à tout, initiateur du Salon Nouveau genre, dessinateur et, depuis une dizaine d'années, créateur de sacs. Autodidacte, mais ayant fréquenté pendant un an le programme de design textile de la Maison des métiers d'art, OBV a commencé par concevoir un sac pour lui-même, qui a éveillé l'intérêt de ses amis, et, de fil en aiguille, une demande est née. «Je voulais quelque chose de léger, pas trop gros, en tissu», résume le créateur, dont les sacs se trouvent à la boutique Article 721, dans Limoilou, et à la boutique MATERIA. Il a ensuite créé des sacs en voile de bateau, distribués au Musée maritime du Québec, à L'Islet-sur-Mer.
OBV dessine et fabrique tous ses modèles (sacs à bandoulière, sacs à dos, sacs à lunch, sacs de ceinture). «Au début, je récupérais des tissus ici et là, mais depuis quelques années, je porte davantage attention aux tissus, parce que je veux que ce soit le plus durable possible», explique-t-il. Ses sacs unisexes arborent des tons marron, bleus, taupe, etc. Dans le lot, ses sacs à lunch en tissu qui imitent l'aspect d'un sac en papier brun se démarquent.
Jumo
La scénographe de formation est en période de création pour regarnir son offre de sacs cravates, et autres articles jolis et pratiques, comme des bavoirs et des fanions faits de balances de tissu. Ses sacs, quant à eux, sont faits de cravates trouvées dans des friperies ou données par des connaissances. «Parfois je me sers aussi d'une cravate pour la ganse. J'aime surtout marier les brillants et les mats, les motifs et les couleurs contrastantes», indique Julie Morel, dont l'entreprise Jumo est en construction. Elle conçoit des minibesaces, plus chics, des sacs moyens qui peuvent servir de fourre-tout et de grands sacs qui peuvent servir pour les commissions. Tous ses modèles sont uniques. On peut la joindre au moreljulie@hotmail.com.
<p>Sac banane de Cynthia Dinan-Mitchell, 70$</p>
<p>Cache-cou pour enfant ajustable et réversible Noujica, 20 $</p>
Cynthia Dinan-Mitchell
Diplômée en sérigraphie de l'Université Concordia, Cynthia Dinan-Mitchell conçoit elle aussi des modèles uniques (entre 2000 et 3000 par année!). Elle a eu un temps sa propre boutique, Pied de poule, sur la 3e Avenue, mais a maintenant un atelier fermé, engage des couturières et a de nombreux points de distribution (dont MATERIA, Point d'exclamation, la boutique des métiers d'art et Article 721). «C'était pour m'offrir une certaine sécurité dans le monde des arts, et, finalement, c'est devenu assez payant. Mais je trouve que ma production en arts visuels influence ma production en métier d'art. J'introduis de plus en plus la couture dans mes installations», explique-t-elle.
Depuis l'an dernier, elle introduit des morceaux de cuir recyclés. «Pendant plusieurs années, j'ai ajouté des touches de soie brute, pour avoir de belles couleurs, mais c'était trop fragile, même en surpiquant beaucoup», note-t-elle. Elle imprime ses dessins, faits avec des encres non toxiques à base d'eau, sur du coton. «Je n'essaie pas d'être à la mode, puisqu'un sac doit traverser les saisons.» Sa production va des pochettes à 20 $ aux sacs à dos, à 95 $. Ses sacs bananes, ainsi que ses sacs triangulaires, qui contiennent une grande poche à l'arrière, sont les plus populaires. www.cynthia-dm.com
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En direct de la métropole
Noujica est une petite entreprise née de la collaboration entre la sérigraphe et designer textile Catherine Cournoyer et l'artiste verrière Jinny Lévesque. «Tous nos tissus sont teints et tissés à Montréal», explique Catherine Cournoyer, qui confie ensuite la couture à une entreprise en réinsertion sociale de Matane.
En utilisant des encres à base d'eau pour ses dessins à la main et du cuir de tannage végétal (sans aucun métal lourd, selon une méthode traditionnelle dans de gros barils d'écorce), Noujica s'efforce d'être le plus écolo possible. «On a souvent de la difficulté à s'approvisionner en matériaux recyclés, alors il faut trouver un certain équilibre entre écologie, durabilité et ce que les gens sont prêts à payer», résume la jeune femme.
Le hit de l'entreprise? Le sac pliable fait en toile, en chanvre, en cuir et en suède récupéré. Ses boucles de ceinture en verre et les cache-cou pour enfants (à 20 $) valent également le détour.
Dans l'est du Québec, on trouve ses créations à la boutique Nomade vêtements à Rimouski et Echo-Loco à Baie-Saint-Paul ou en ligne à http://noujica.ca/ et sur le site Etsy.
Bagnole, une autre entreprise montréalaise, a trouvé un matériau plus qu'original pour créer ses sacs : des banquettes de voitures destinées à la ferraille. La créatrice Isabelle Bérubé utilise même parfois des ceintures de sécurité comme bandoulières. Comme les banquettes se déclinent en gris, en noir, en beige et (plus rarement) en brun, les sacs, les pochettes et les portefeuilles Bagnole sont sobres, mais souvent égayés de petites touches de couleurs, de fermetures éclair et de textures légèrement différentes. On peut passer des commandes directement à la designer au 514 638-1224.