Chanson, Casablanca, de David Giguère

David Giguère: virage ***1/2

Deux ans après Hisser haut, un premier album très prometteur produit avec la collaboration d'Ariane Moffatt, le chanteur et comédien David Giguère négocie un virage notable avec Casablanca, en magasin mardi.
Peut-être moins facile d'approche et d'accroche - à première écoute, du moins -, cette nouvelle collection de chansons fait montre d'une belle profondeur et d'une indéniable cohérence. Dans une poésie moins directe, plus impressionniste, le jeune homme livre le récit d'une passion brûlante, qui se consume tout aussi intensément. Les voix féminines qui jalonnaient le premier disque se font plus discrètes (même si Camille Poliquin et Ariane Moffatt sont encore de la partie), les instrumentations sont réduites, mais laissent place à de belles trouvailles de programmation et d'échantillonnage : la voix de la défunte mère du chanteur s'invite ainsi dans la touchante Albert Prévost. Les talents mélodiques de Giguère s'expriment encore avec vigueur, mais dans un environnement sonore plus dépouillé et dans une structure chansonnière plus libre, moins pop.