David Blair a une petite collection de vieux jouets sur le thème des moyens de transport.

David Blair, «intégration sans assimilation»

Lauréat: David BlairOccasion: Il a été choisi comme membre de l'Ordre du Canada
David Blair a eu toute une surprise dernièrement: il a reçu un appel téléphonique lui annonçant qu'il avait été choisi membre de l'Ordre du Canada. Sa candidature avait été présentée à son insu par des anglophones de Québec qui voulaient qu'on souligne son travail pour rescaper une institution riche d'histoire.
«J'ai été très surpris et enchanté de la nomination. J'en suis très fier. Je suis entouré de monde qui le mérite autant que moi», a-t-il dit, avec un accent qui rappelle les origines écossaises de sa famille. 
Notre lauréat de la semaine est un avocat spécialisé en matière de transport depuis plusieurs années. Il a son bureau chez McCarthy Tétrault, à Québec. Il possède une collection de vieux jouets dont font partie une locomotive et un autobus rouge à deux étages. Comme tout bon Anglais, il a des sachets de thé tout proches, sur son bureau.
Le volubile M. Blair a reçu la distinction de l'Ordre du Canada «pour ses vigoureux efforts visant à préserver la culture et l'histoire de la ville de Québec.» En d'autres mots, pendant une quinzaine d'années, il n'a pas ménagé ses efforts pour donner une nouvelle vigueur au Morrin College, situé dans le Vieux-Québec, entre les rues Sainte-Anne et Dauphine. 
Sans tambour ni trompette, il a réussi à convaincre la Ville de Québec, les gouvernements fédéral et provincial et des entreprises privées de restaurer l'immeuble avec un financement de 5 millions $. Il n'a qu'un seul regret : la petite bibliothèque à l'étage avec ses milliers de livres en anglais n'a pas été intégrée au réseau des bibliothèques de la Ville.
«Aujourd'hui, c'est un centre culturel actif. C'est un bijou. Il est absolument essentiel pour l'histoire de la ville de Québec. Il n'y a pas si longtemps, il y avait 40 % d'Anglais à Québec», a affirmé David Blair, qui est un passionné de l'histoire de Québec et de ses origines familiales. Les Blair sont arrivés à Québec en 1832.
Arrivé de Londres
David Blair a débarqué à Québec en 1974. Il avait 19 ans. Il venait de quitter Londres en bateau. Son père, qui est originaire de Québec, avait déménagé dans la capitale de l'Angleterre pour son travail. «Je ne parlais pas un mot de français en arrivant», a-t-il dit.
Quelque part, il venait de réaliser son rêve de revenir sur les lieux où ses grands-parents et ses arrière-grands-parents avaient vécu. Il s'est inscrit au Collège St. Lawrence et, par la suite, il a fait son droit en français à l'Université Laval. 
Il s'est marié à une francophone. Il s'est intégré à Québec tout en s'impliquant dans les institutions anglaises, dont la Fondation de l'Hôpital Jeffery Hale. «Ma devise est "intégration sans assimilation", a-t-il dit. «Je suis un Anglais. Je considère que je suis extrêmement chanceux de vivre à Québec. C'est une expérience unique de vivre dans deux langues, deux cultures», a-t-il ajouté. 
Cette volonté de s'intégrer à la communauté francophone l'a amené à s'impliquer dans l'organisation des Fêtes du 400e. Il est le secrétaire de la corporation des Fêtes. 
«Le 400e a changé Québec de façon fondamentale. On avait vécu une période noire après le départ des Nordiques et le rejet de la candidature de la ville pour les Jeux olympiques. Aujourd'hui, je suis sûr qu'on est capable d'organiser les Olympiques et d'avoir une équipe de hockey.»