Ex-députée adéquiste de Berthier de 2002 à 2003, Marie Grégoire est d'avis que l'ADQ survivra si les gens qui restent projettent cette formation en avant. On la voit ici à l'occasion de la diffusion du Club des ex, de Radio-Canada,   à Place Laurier la semaine dernière.

D'autres départs prévus à l'ADQ

Dans son sillage, la démission de Mario Dumont risque d'entraîner pas mal d'autres départs à l'ADQ.
Depuis lundi soir, différents membres de l'entourage du chef ont indiqué au Soleil que, sans M. Dumont au combat, ils n'ont pas l'intention de s'impliquer autant dans le parti. Sans s'en désintéresser complètement, l'énergie ne sera pas la même.Hier, le président de l'ADQ, Tom Pentafountas, dont le mandat ne se termine pas avant un an et demi, a admis réfléchir à son engagement. «Moi aussi je suis en période de réflexion, comme tout le monde, a indiqué M. Pentafountas, avocat en droit criminel. On verra la suite des choses. Je vais parler avec l'exécutif et avec Mario. Si je fais de la politique au sein de l'ADQ, c'est grâce et à cause de Mario Dumont.»
La diminution des budgets liés à la perte du statut de parti officiel entraînera une attrition naturelle au sein du personnel. L'attrait du privé sera fort pour plusieurs.
Le changement peut aussi être bénéfique et apporter du renouveau, note un stratège adéquiste. «Mario a pris la responsabilité du résultat, mais il n'a pas à la porter seul. Autant chez les conseillers importants que dans la députation, il faut tous partager un bout du verdict. Il faut qu'on prenne un miroir et qu'on se le mette dans la face. Un peu de sang neuf ne ferait peut-être pas de tort non plus.»
Les députés défaits
Sébastien Proulx, ex-leader parlementaire défait dans Trois-Rivières, veut prendre un peu de temps avec sa famille et partir à la recherche d'un nouveau travail. Il ne fait pas une croix sur un retour en politique et compte aussi s'impliquer dans la «transition» à l'ADQ. «C'est mon parti, alors je vais m'y investir dans la mesure du possible», dit-il.
Pour l'ancien député bloquiste et chef de cabinet de M. Proulx, Pierre Brien, le leadership de Mario Dumont a été un «facteur déterminant» dans sa venue à l'ADQ. Même si le travail de reconstruction sera important, il croit que le parti survivra. «C'est sûr que je ne peux pas minimiser l'impact de la perte d'un chef comme Mario, dit-il. Mais, moi j'ai vécu le Bloc. Quand Lucien Bouchard est parti, il y a bien des gens qui disaient que ça allait être la fin.»
À moins d'une opportunité à court terme au fédéral, Gilles Taillon tourne aussi la page sur la vie politique active. «Je pense qu'en termes organisationnels, il va y avoir beaucoup à faire à l'ADQ, dit-il. Surtout avec le départ de Mario. C'est toute une perte.»
Ex-députée de Berthier de 2002 à 2003, Marie Grégoire a assisté aux balbutiements de l'ADQ. Et elle mise sur les députés élus pour assurer la pérennité du parti. «Si ces gens-là restent et gardent le fort, qu'ils projettent cette formation en avant, il y a bien des chances que ça continue», dit-elle. Mme Grégoire voit mal comment elle pourrait tourner le dos à cette formation. «C'est dans mes gènes, affirme-t-elle. Quand tu fondes quelque chose, tu ne t'en détourne pas. Mais quant à mon type d'engagement, je ne me suis pas posé la question encore.»
Différentes sources ont assuré que la formation autonomiste a tenu serrés les cordons de la bourse pendant la campagne et qu'elle n'en sort pas criblée de dettes.
Contrairement à Jean Charest et à Pauline Marois, M. Dumont n'a pas fait de sortie médiatique, hier. Il est de coutume que les chefs rencontrent la presse au lendemain du vote. L'adéquiste a préféré rester avec sa famille à Cacouna. En soirée, hier, son attachée de presse n'avait aucune indication selon laquelle il parlerait aujourd'hui. Un caucus des députés adéquistes - élus et défaits - doit par contre être tenu ce midi.