Seul sur scène avec ses guitares et son harmonica, Daran a su conquérir le public de Québec.

Daran en son et en images

Bien appuyé par sa voix puissante et par des textes forts, Daran a ravi le public de Québec vendredi soir devant un Théâtre Petit Champlain bien rempli avec un spectacle original où il avait choisi d'ajouter les arts visuels à sa voix et à sa musique.
Le pari était tout de même risqué : Daran se présentait seul sur scène avec sa guitare acoustique, sa guitare électrique et son harmonica. Derrière lui, un écran présentait diverses scènes en noir et blanc et, côté cour, l'infatigable dessinatrice Geneviève Gendron utilisait un tableau électronique pour ajouter sa griffe aux images qui défilaient à l'écran.
D'abord, une ville se bâtit derrière une roulotte isolée dans Gens du voyage, premier titre de l'album Le monde perdu qu'il présentait au public de Québec pour la première fois depuis son lancement en octobre. Puis le visage d'une femme se dessine dans le miroir d'une chambre d'hôtel.
Les dessins et le film s'agençaient parfaitement aux paroles du dernier album du Français né en Italie et installé au Québec depuis bientôt cinq ans. Écrites essentiellement par son ami Pierre-Yves Lebert, les pièces jettent un regard plutôt sombre sur la société.
Dans Gentil, Daran raconte l'histoire de ce jeune garçon qui en vient à tuer pour celle qu'il aime, dans Le bal des poulets, il peint une triste toile de la vie des poulets qu'on mène à l'abattoir et des employés de cette entreprise qui finissent par en subir la fermeture et dans Tchernobyl, il traite d'un couple entre qui l'amour s'étiole.
Peu loquace durant la première partie du spectacle où il laissait parler les images, Daran est devenu plus verbomoteur dans la dernière, racontant quelques blagues alors qu'il ressortait ses vieux succès. L'incontournable Dormir dehors interprétée avec l'aide d'enregistrements, Pas peur agrémentée de solides solos de guitare électrique ou Une sorte d'église.
Goulet amusant
En première partie, le jeune chansonnier Beauceron Pierre-Hervé Goulet a diverti et fait sourire le public avec quatre chansons balancées en quinze minutes et dans lesquelles il jouait allègrement avec les mots. À cheval entre Daniel Bélanger, François Pérusse et les Denis Drolet, l'artiste aux cheveux longs et à la moustache à la Rollie Fingers n'a pas raté sa première impression.
On aurait d'ailleurs pris un peu plus de Goulet et un peu moins de Kensico, le projet de Gaëlle Bellaunay, épouse de Daran, qui est montée sur scène par la suite. On était heureux de voir Daran un peu plus tôt, mais force est d'admettre que la prestation toute en anglais de sa femme était loin d'être convaincante. Française comme son conjoint, la chanteuse ne maîtrise malheureusement pas suffisamment la langue de Shakespeare pour se lancer dans ce genre d'aventure.