Avec ses solides pièces teintées de rockabilly et de country principalement tirées de Chic de ville, Daniel Bélanger a offert une solide prestation.

Daniel Bélanger: du neuf et du vieux

Casquette vissée sur la tête, Daniel Bélanger a ouvert son spectacle au parc de la Francophonie vendredi avec Je poursuis mon bonheur. Il n'allait clairement pas laisser le nôtre être entaché par les retentissements provenant des Plaines envahies par les fans de Lady Gaga.
Avec ses solides pièces teintées de rockabilly et de country principalement tirées de Chic de ville, Daniel Bélanger a offert une solide prestation. Ça gigotait dans la foule!
Avec des musiciens qui semblaient s'amuser ferme - particulièrement son sympathique contrebassiste, Richard Gélineau - Bélanger a présenté une bonne partie des pièces de son plus récent album. Les très entraînantes Béatitude et Je t'aime comme tu es, notamment, ont fait mouche.
Il en a aussi profité pour réinventer sans concession quelques-uns de ses classiques. Il a gardé la plupart de ces pièces-cadeaux pour la fin. Fou n'importe où avait un solide groove, dans le même ton rockabilly que Chic de ville. Du Daniel Bélanger complètement défrisé!
Il a même ramené, au grand plaisir de la foule, Sèche tes pleurs, dans son emballage original. Il a aussi réinterprété Te quitter avec l'ajout d'un orgue miniature qui lui donnait un petit air forain.
Ces vieux succès revampés ont quand même eu l'effet de casser un peu l'ambiance festive qui s'était créée avec les entraînantes pièces de Chic de ville. Mais le public les attendait et avait visiblement envie de chanter en choeur, de façon plus convaincante sur Rêver mieux et Le parapluie en fin de parcours. Au moment d'écrire ces lignes, Bélanger revenait pour un rappel en solo qui a ravi les fans de la première heure, notamment avec Dans un spoutnik.
Un mot sur les interventions entre les chansons, plutôt nonchalantes et parfois étranges. Bizarrement, c'est ce qui les rendait amusantes... la plupart du temps. Bélanger était là pour chanter ses chansons et nous raconter quelques histoires. Point. C'est ce qu'il a lancé en début de parcours. Qu'on se le tienne pour dit.
Les Soeurs Boulay
Les magnifiques harmonies vocales des Soeurs Boulay n'ont pas manqué leur cible pour paver la voie à Daniel Bélanger. C'est qu'elles sont toujours aussi charmantes, les deux frangines de New Richmond! Le Pigeonnier a semblé flotter sur un nuage, particulièrement attentif et réceptif à la folk douce et imagée de Stéphanie et de Mélanie, pendant que le soleil couchant enflammait le ciel de Québec. Elles ont même fait mine de se lancer dans Bad Romance de Lady Gaga. «Ce serait trippant qu'elle nous entende et qu'elle se mette à chanter "Même si c't'écrit sur la mappemonde!"».
On a eu droit à de nouvelles compositions, dont la tonitruante Langue de bois, qu'on a déjà hâte de réentendre sur un futur deuxième disque.
Les soeurs Boulay ont quitté visiblement très émues de l'accueil qu'elles ont reçu. «Vous allez rester dans nos plus beaux souvenirs de show à vie», ont-elles lancé avant de terminer avec Des shooters de fort.
Les soeurs Boulay ont été précédées d'Israel Proulx, un pianiste originaire de Chicoutimi qui se spécialise dans le rockabilly des années 50, déhanchements et habillement compris. Entre des classiques comme Hound Dog et Blue Suede Shoes, il s'est permis des compositions originales et quelques joyeuses relectures rock'n'roll, notamment du Petit bonheur de Félix Leclerc.