François Simard et Dan Brault ont laissé éclater couleurs, formes et motifs avec leur habituel foisonnement sur les murs du centre d'artistes Regart, où on constate rapidement que le jumelage est judicieux.

Dan Brault et François Simard: terrain de jeu pour deux

«Ça parle beaucoup de pêche», résume François Simard, qui présente avec Dan Brault l'exposition Oasis à Regart. En parcourant des yeux les tableaux fournis et colorés des deux camarades d'atelier, on trouve en effet des mouches à pêche, des poissons, et le joyeux laisser-aller qui accompagne ladite activité.
Après avoir bien défini leur espace de jeu (nombre de toiles, formats, etc.), les deux peintres ont laissé éclater couleurs, formes et motifs avec leur habituel foisonnement. Même s'ils partagent le même atelier depuis des années, Dan Brault et François Simard n'ont pas soumis leur candidature ensemble pour exposer à Regart. C'est le centre d'artistes qui les a jumelés, et on constate rapidement que le jumelage est judicieux. Le mélange de couleurs éclatantes et sobres ainsi que leur manière d'amalgamer les formes abstraites et figuratives comme pour composer une symphonie picturale indisciplinée se font écho, même si les deux artistes n'ont pas cherché expressément à répondre aux toiles de l'autre.
Le seul point de fusion de leur travail est exposé dans la vitrine de Regart. Il s'agit d'un «jeu d'atelier», indique Dan Brault, une sorte de délire créatif collectif qui a donné trois oeuvres petit format. Une aquarelle montrant une oasis - la seule pièce de l'expo qu'ils ont créée en commun - se trouve entre deux mouches à pêche, qui sont en quelque sorte des autoportraits, glisse Simard. «L'oasis, c'est un peu notre atelier, notre lieu de rencontre, notre lieu pour peindre», ajoute Brault.
La série sans titre que présente Dan Brault s'est amorcée avec l'acquisition d'une machine pour découper des lettrages de vinyle. Le peintre s'amuse toutefois à y découper toutes sortes de formes pour en faire des pochoirs. Ceux qui a exploité pendant quelques années de l'assemblage de tableaux en tant qu'installation avait envie de me concentrer sur chaque toile, pour que chacune puisse vivre en dehors du contexte d'exposition, comme un microcosme qui se suffit à lui-même.
Simard s'impose plutôt une contrainte spatiale, par exemple un paysage ou une grille, qui va définir un système de probabilités. Cette fois, il a choisi la forme très reconnaissable d'une main, dont le tracé détermine des zones, des territoires à habiter. Sur une oeuvre, par exemple, un paysage loge à l'intérieur de la main, alors que l'extérieur est un cosmos où flottent des formes géométriques.
Et comme on dirait que les interventions des deux peintres veulent se poursuivre hors des tableaux, les cadres créent un nécessaire périmètre de rétention. «Comme des punks en habits, illustre Dan Brault. Comme il y a une surcharge, un foisonnement de couleurs dans les toiles, j'ai opté pour quelque chose de très simple. Dan en métal, moi en bois», indique Simard, qui a le double statut de peintre et d'encadreur.
L'exposition Oasis se poursuit jusqu'au 23 mars à Regart, au 5956, rue Saint-Laurent, à Lévis.