Ce n'est pas un hasard si Dmien Robitaille a réussi à se tailler une place de choix dans le coeur des Québécois : on craque pour son humour et ses textes colorés, son irrésistible présence sur scène et sa capacité à rebondir là où on ne l'attendait pas.

Damien Robitaille: cocktail euphorisant

Un fond d'épices latines bonifié d'accents soul, hip-hop, rockabilly, voire cajun... Damien Robitaille et ses invités ont servi tout un cocktail aux festivaliers réunis mardi à la place D'Youville. Du genre qui surprend un peu au goût, qui étourdit vite et qui a un net effet euphorisant!
Ce n'est pas un hasard si le Franco-Ontarien a réussi à se tailler une place de choix dans le coeur des Québécois : on craque pour son humour et ses textes colorés, son irrésistible présence sur scène et sa capacité à rebondir là où on ne l'attendait pas. Le crooner rigolo a plongé dans les rythmes latino-américains pour son dernier album, Omniprésent. L'influence était bien présente mardi sur la scène de la place D'Youville, grâce notamment au percussionniste cubain Kiko Osorio.
Mais Robitaille avait envie de plus de «glaçage», selon ses propres termes. Il a donc ajouté à son mélangeur le soul de la chanteuse Marie-Christine - qui a réalisé son «fantasme musical» en revisitant Les Chinois de Mitsou -, le hip-hop du Beauportois d'origine Boogat et le petit côté rock rétro de Sunny Duval.
En bref, les ingrédients étaient réunis pour qu'on en ait plein les oreilles... Et qu'on puisse voir les festivaliers se dandiner en masse! C'est justement ce qui s'est produit. Robitaille, qui a pris soin de se présenter comme la plus grande star du Québec (en anglais, svp!) aux Américains qui auraient pu se trouver dans la foule, nous a servi une bonne dose de ses succès : Homme autonome a transformé la place D'Youville en immense chorale, idem pour Le mot de passe. Comme lors de la tournée en salle, Mètres de mon être a été réinventée de très belle manière dans un crescendo musical qui a permis au percussionniste et au claviériste de montrer leur savoir-faire.
Au moment de mettre sous presse, Robitaille entonnait un autre classique, Plein d'amour, que les festivaliers ont entendu très, très souvent sur les Plaines il y a un an ou deux, dans une publicité diffusée avant chaque prestation... Faut croire qu'ils en voulaient encore : la pièce a été accueillie dans un grand cri!
Alex Nevsky
Juste avant, une place D'Youville débordant généreusement dans la rue Saint-Jean s'est prêtée aux jeux proposés par Alex Nevsky, débarqué à Québec avec du charme à revendre et plusieurs chouettes idées - testées ailleurs, mais quand même! - pour mettre le public dans le coup. 
Dès le départ, l'auteur-compositeur-interprète à qui l'on doit notamment les vers d'oreille On leur a fait croire et Les coloriés (qui ont d'ailleurs galvanisé la foule en fin de parcours) a demandé aux festivaliers de chanter «même s'ils ne connaissaient pas les paroles». Il les a plus tard conviés dans un slow collectif, menaçant de ne pas commencer à jouer tant que tout le monde ne se serait pas trouvé un partenaire. Les spectateurs ont aussi joué le rôle de juges dans une bataille musicale «comme à La voix, mais en vraiment plus cool» entre son guitariste et son bassiste, sur l'air d'Eye of the Tiger de Survivor.
Un contenu musical solide (ses propres créations et de pertinentes relectures de Gaëtan Roussel ou d'Emily Loizeau), des complices doués et des interventions divertissantes. Si Alex Nevsky était visiblement attendu, il n'a pas déçu.
<p>Si le public était plutôt mince en début de spectacle, le joyeux mélange de pop, de reggae et de hip-hop concocté par Marième et ses complices a eu tôt fait d'attirer les festivaliers. </p>
Marième
Le soleil et le Festival d'été font bon ménage pour Marième : à son dernier passage au FEQ, la chanteuse de Québec avait essuyé quelques gouttes de pluie avant de faire revenir le soleil. Mardi, en début de soirée, il faisait encore beau et chaud à la place D'Youville pour accueillir les rythmes eux aussi ensoleillés de l'artiste, qui a offert ce printemps son deuxième album solo, Petit tonnerre.
Si le public était plutôt mince en début de spectacle, le joyeux mélange de pop, de reggae et de hip-hop concocté par la chanteuse et ses complices a eu tôt fait d'attirer les festivaliers. Devant une foule familiale - dont ses jumeaux! -, Marième n'a pas ménagé ses efforts pour faire danser son monde. «Je suis la personne idéale pour faire un show à 37 °C ressentis...» a blagué la chanteuse, qui en a sué un coup en se démenant sur les planches. Bref, une prestation fort sympathique d'une fille qui l'est tout autant.