C'est le look de DakhaBrakha qui retient d'abord l'attention. Les trois musiciennes en robe blanche et coiffe traditionnelle noire. Puis le style vocal incantatoire et polyphonique qui séduit l'oreille. On s'attarde finalement à l'instrumentation: un accordéon, un violoncelle et des percussions.

DakhaBrakha: formidable dépaysement

La pluie n'aura pas réussi à gâcher totalement la soirée de découvertes musicales, mardi soir, au 48e Festival d'été de Québec (FEQ). Bien sûr, DakhaBrakha s'est produit devant une place D'Youville un peu dégarnie. Ce qui n'a rien changé à la qualité de l'envoûtante prestation de cet indescriptible quatuor qui nous a conviés à un formidable dépaysement.
Laissons-les plutôt se présenter: «Nous sommes de l'Ukraine libre. [...] Nous interprétons de la musique traditionnelle mélangée à d'autres genres [musicaux].» Et ils sont nombreux: jazz, dubstep, musiques tziganes, rap, etc. C'est détonnant et férocement original.
Reste que c'est le look qui retient d'abord l'attention. Les trois musiciennes de DakhaBrakha sont en robe blanche et coiffe traditionnelle noire à la Marge Simpson! Puis le style vocal incantatoire (à la Björk) et polyphonique qui séduit l'oreille - il y a aussi de superbes harmonies. On s'attarde finalement à l'instrumentation: un accordéon, un violoncelle et des percussions, qui se conjuguent de façon très organique et expriment l'âme slave.
Puisque le quatuor joue assis, la performance s'avère un peu statique. Reste que la performance de DakhaBrakha commande une certaine écoute. À l'avant, des compatriotes ont agité des drapeaux ukrainiens, mais mardi soir, le langage était universel: celui de la musique qui ravit les sens et touche le coeur. Et avec un peu de politique explicite à la toute fin: «Stop [Vladimir] Poutine.»
La Chiva swingue
La Chiva Gantiva a suffisamment impressionné en 2012 pour obtenir une deuxième invitation pour se produire au FEQ. Ils sont Bruxellois, mais comme l'indique leur nom, le collectif chante en espagnol - il comprend trois Colombiens. Ils sont six sur scène, mais ils swinguent comme 12 avec leur mélange de funk-rock et de rythmes africains et sud-américains. On dirait un (étrange) hybride de Mano Negra et Rage Against The Machine.
La Chiva se distingue par son exubérance, mais le groupe militant se complait parfois dans de longs jams qui diluent sa force de frappe festive. Résultat: une performance en montagnes russes. Le groupe a heureusement étonné avec un rap en français pour inviter les gens «à sortir des petites cases et des clichés» à propos des autres, puis avec une danse en ligne collective. La foule était conquise. Quelle pluie?
De l'espoir pour Kwenders
Pierre Kwenders avait le coeur à la fête, mardi soir, avec en poche son prix Espoir du FEQ (remporté par Salomé Leclerc, l'an passé). Son amalgame de musique électronique et de rythmes africains enveloppants était particulièrement pertinent pour cette soirée de dépaysement sonore.
Avec son DJ, son percussionniste et son guitariste / claviériste, Kwenders crée des atmosphères hypnotiques, aussi chaleureuses qu'une soirée estivale en bonne compagnie. Y a pas à dire, sa musique fusion provoquait de langoureux déhanchements dans la foule. Une belle découverte.