Depuis ses débuts en 1988, le groupe n'a jamais arrêté sa croisade pour la légalisation de la marijuana.

Cypress Hill: soirée fumante

C'était écrit dans un nuage de marijuana que le parc de la Francophonie ne pourrait accommoder tous les festivaliers qui voulaient voir, et surtout entendre, Cypress Hill. Il y avait du monde partout autour. Les vétérans de la scène rap se sont produits devant une foule en délire, livrant une prestation démente qui n'a laissé (presque) aucun répit.
Dès le début, le quatuor latino-américain a balancé Rockweiler Beat. B-Real et Senn Dog étaient en feu. La foule aussi. Les deux MC se séparent la scène et chauffent la foule chacun de leur bord. On appelle ça avoir du métier.
À peine avions-nous le temps de récupérer que le groupe nous livrait une How I Could Just Kill A Man complètement délirante, qui fusionne rap et rock sur un beat d'enfer, pendant que DJ Julio G «spinnait» ses platines. Cypress Hill a continué le pied dans le plancher. Deux morceaux plus loin, la foule compacte s'est mise à sauter partout pour Insane in the Brain, mixée avec Jump Around (de House of Pain). Débile.
Depuis ses débuts en 1988, le groupe n'a jamais arrêté sa croisade pour la légalisation de la marijuana. Jeudi soir n'a pas fait exception avec son segment «weed» qui mixait plusieurs raps avec la thématique et ses projections hallucinogènes. «Who wants to get high with Cypress Hill tonight?» Pas mal de monde, si on se fie à la réaction.
Malheureusement, Cypress Hill vit sur son fond de commerce, le groupe n'ayant rien produit d'intéressant, sauf exception, depuis Skull & Bones (2000). Ils en ont d'ailleurs extrait Rock Superstar en apothéose à une soirée fumante.
Manu Militari
Manu Militari est arrivé en terrain conquis - le rappeur de Québec a reçu un accueil très chaleureux, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du parc qui débordait de toute part. Son hip-hop mélodique et hypnotique a séduit autant les néophytes que les aficionados. Pourtant, son tour de chant, qu'il a conclu avec son hymne Je me souviens, a fini en queue de poisson. Le ralentissement de rythme était trop marqué.
Pourtant, le rappeur engagé a puisé dans tout son répertoire, de son premier CD Voix de fait (2006) à Marée humaine (2012). Il a même livré deux extraits a capella de pièces qui seront sur son prochain album. Très courageux, dans les circonstances. Mais le gars n'est pas très exubérant sur scène, il se concentre sur la livraison des textes. Ce qui ne l'a pas empêché de décrocher le prix Miroir coup de coeur du FEQ en 2011. Il a encore démontré pourquoi il le méritait, jeudi soir. Mais, répétons-le, la foule était d'abord là pour Cypress Hill.
Dead Obies
L'arrivée de Dead Obies sur la scène rap montréalaise, l'an dernier, a créé une onde de choc semblable à celle de Loco Locass, il y a presque 20 ans. Le parc était plein lorsque le sextuor (1 D.J. et 5 MC) est monté sur scène pour ouvrir les hostilités. Plusieurs festivaliers voyaient le collectif de la Rive-Sud pour la première fois, qui propose un post-rap très lourd qui mélange joual, slang et patois créole.
Leur hymne Montréal $ud était d'ailleurs livré avec beaucoup d'aplomb sur un bon beat. Dead Obies n'a pas ménagé ses efforts. Pour eux, c'était pas mal «Do or Die», pour paraphraser le titre d'une de leur chanson. Ils s'en sont très bien tirés, avec une prestation de pros, rythmée et énergique. Mais une bonne partie de la foule n'en avait cure. Dommage.