Pour Josée Roy (à gauche), les cuisines collectives lui ont permis de s'ouvrir aux autres. Ici avec Pierrette Thibault, qui dirige les cuisines Le Bourg-Joie, dans Saint-Roch, et Audrey Evers, coordonnatrice de l'Association des cuisines collectives et créatives de la région de Québec.

Cuisines collectives: nourrir le ventre et l'estime de soi

Toutes les raisons sont bonnes pour participer à une cuisine collective : apprendre à cuisiner sainement, découvrir de nouveaux aliments, économiser sur la bouffe. Mais c'est aussi un formidable moyen de briser l'isolement, de se faire des amis et d'avoir du plaisir tout en accomplissant une tâche incontournable.
Pour souligner la Journée nationale des cuisines collectives, jeudi, une cinquantaine de personnes des régions de Québec et de la Chaudière-Appalaches se sont rassemblées dans les locaux des cuisines Le Bourg-Joie, au sous-sol de l'église Saint-Roch. Des femmes de tous âges, principalement, mais aussi quelques hommes, jeunes ou vieux. Au menu de la journée, des ateliers de toutes sortes, des présentations d'aliments, par exemple des pousses de graines en tous genres, et, bien sûr, un repas concocté sur place à déguster.
Selon la définition officielle, une cuisine collective est «un petit groupe de personnes qui met en commun temps, argent et compétences pour confectionner, en quatre étapes (planification, achat, cuisson et évaluation) des plats sains, économiques et appétissants».
Pour sa part, Josée Roy se rend depuis près de huit ans au sous-sol de l'église une fois par mois. Elle vient bien sûr y popoter, mais ce moment représente bien davantage pour elle.
«J'étais très gênée, et ça m'a permis de m'ouvrir», dit-elle. Avec le temps, elle a aussi découvert qu'elle ne faisait pas que recevoir, mais qu'elle apportait elle-même quelque chose au groupe, sa bonne humeur, son entrain. «On est cinq, et on forme comme une famille. Quand un ne file pas, on l'écoute, on fait des farces.»
Les progrès de chacun sont appréciés. Comme ceux de ce jeune homme qui, à son arrivée, ne savait pas éplucher une patate, et qui est maintenant considéré comme le champion des muffins!
Aujourd'hui, les enfants de Josée Roy ont quitté la maison, mais ils appellent parfois maman pour avoir les recettes des petits plats qu'elle leur rapportait. Et à 1,25 $ la portion, c'est une aubaine!
À l'avant-garde
À l'heure où le discours ambiant est à la saine alimentation et à l'achat local, la coordonnatrice de l'Association des cuisines collectives et créatives de la région de Québec, Audrey Evers, constate qu'«on fait déjà tout ça depuis longtemps».
Les Cuisines Le Bourg-Joie, par exemple, ont aussi leur jardin communautaire.
Le Regroupement des cuisines collectives du Québec produit par ailleurs des outils de formation de toutes sortes : sur le démarrage de nouvelles cuisines, l'animation, etc. Les membres peuvent développer leur esprit critique, en apprenant par exemple «à éviter les pièges des circulaires», dit Mme Evers.
Le thème retenu pour la Journée nationale de cette année, laquelle est officialisée par l'Assemblée nationale depuis 2002, est «Le Québec dans son assiette». Les groupes de cuisine de chaque région ont été invités à fournir les secrets culinaires de leur coin de pays. Le cahier se retrouve sur le site du regroupement provincial, ainsi que de multiples autres recettes.
À savoir
Pour en savoir plus sur les cuisines collectives, les façons de démarrer un groupe ou de joindre un groupe existant, voir le www.rccq.org.