Patrick Bruel a fait vibrer le Colisée Pepsi vendredi.

Critique de Patrick Bruel au Colisée: Québec Love

Ses représentantes (le féminin s'impose, ici!) ont beau être plus âgées, plus sages et moins criardes qu'il y a 20 ans, la Bruelmania a néanmoins repris vie pendant un moment au Colisée, vendredi. On mentirait en vous disant que la foule a été en délire pendant deux heures, mais Patrick Bruel a été accueilli par un public conquis d'avance, prêt à chanter, à crier et même à valser pour lui.
On ne compte plus les «je t'aime» qui ont fusé du public pendant ce spectacle. Il faut dire que le chanteur n'a pas ménagé ses efforts pour attiser les ardeurs, offrant un programme généreux et diversifié, tant dans les styles musicaux que dans les époques. Et il n'a pas manqué de pimenter le tout de clins d'oeil locaux toujours appréciés: un extrait du Lindberg de Charlebois et Forestier ajouté à la chanson Dans ces moments-là et un mariage vocal efficace avec la populaire Marie-Mai le temps du tube J'te mentirais.
Bruel n'a pas tardé avant de sortir ses gros canons. Après une intro sobre, servie dans la pénombre, la vedette française a plongé dans le vif du sujet avec une version écourtée de Place des grands hommes, qui fait son effet à tout coup. Le reste du menu allait ratisser large, entre un pot-pourri acoustique de ses premières chansons et les titres de son dernier album, Lequel de nous, très bien représenté. Celui-ci a notamment donné l'occasion au chanteur de jouer au rappeur, entouré de danseurs. Avouons-le, l'image est un peu surréaliste. Malheureusement, la qualité sonore du Colisée nous a empêchés de pouvoir bien évaluer comment Bruel s'en tire dans les rimes livrées par La Fouine sur disque. Les Montréalais auront peut-être plus de chance au Centre Bell samedi soir et dimanche...
Fin explosive
Fort d'une carrière née dans les années 80, le chanteur a de quoi ponctuer son spectacle de plusieurs hits. Et il ne boude pas son plaisir (et encore moins le nôtre!): une irrésistible et dansante Alors regarde, une Combien de murs bien rock, une Casser la voix remaniée et bien étirée, qui a terminé ce concert de manière explosive. Et on en passe.
Comme on pouvait s'y attendre, le Colisée a vécu son grand frisson pendant Qui a le droit: la foule l'a entonnée d'une seule voix - franchement précise! - et sans l'aide des musiciens. Faut croire qu'on ne s'y fait pas: Bruel avait l'air ému...