Un homme attend son massage.

Coupables d'avoir tenu deux maisons de débauche à Québec

Un couple qui gérait deux salons de massage érotique a plaidé coupable lundi à l'accusation d'avoir tenu une maison de débauche. Un commerce illicite, donc, mais parfaitement en règle avec l'impôt, a-t-on précisé.
Sur papier, le Salon Blanc de l'avenue Belvédère et Moments Magiques du boulevard Hamel avaient tout des commerces légitimes.
Dûment inscrits au Registraire des entreprises, ils déposaient les profits dans un compte en banque, déclaraient les revenus et remettaient la TPS et la TVQ à l'État.
Les deux centres de massothérapie, propriétés du trafiquant de drogue Christian Boucher, n'étaient toutefois pas que thérapeutiques.
La Sûreté du Québec, qui filait déjà Boucher pour trafic de stupéfiants, a compris qu'il s'y faisait aussi des activités de prostitution.
Boucher, 32 ans, et sa conjointe Catherine Chénard, 26 ans, ont plaidé coupable lundi aux accusations d'avoir tenu une maison de débauche et d'avoir vécu des fruits de la prostitution entre janvier 2008 et février 2012.
Catherine Chénard agissait comme gérante des deux salons, a expliqué le procureur de la Couronne, Me Philippe Vallières-Roland. «Elle engageait les filles et expliquait les services aux clients, comme la "détente finale", i.e. de la masturbation», a relaté le procureur.
La gérante percevait la moitié des recettes des filles, une somme qu'elle remettait à son conjoint. Elle se faisait ensuite verser un salaire.
En octobre, Christian Boucher a écopé de six ans de prison pour avoir dirigé un important réseau de vente de drogue lié aux Hells Angels dans le Bas-Saint-Laurent.
Le juge Jean Asselin lui a imposé lundi une peine concurrente de neuf mois.
Catherine Chénard, jeune femme sans antécédent judiciaire, connaîtra sa peine au printemps.
Comme pour les autres maisons de débauche, la législation touchant les salons de massage érotique est appelée à changer, la Cour suprême ayant déclaré inconstitutionnels plusieurs articles du Code criminel encadrant la prostitution.