« Il y a des limites à oser une telle comparaison », a écrit l'ex-députée caquiste Hélène Daneault.

Coup dur dès le départ pour François Legault

Deux femmes ont assombri la journée de François Legault, mercredi. Sa députée Hélène Daneault, qui a retiré sa candidature moins de 24 heures avant le déclenchement des élections, et la juge France Charbonneau, qui suspend ses audiences le temps de l'élection.
Ce sont officiellement des raisons de «santé» qui amènent la médecin caquiste et responsable des dossiers de santé à mettre un terme à sa courte carrière à l'Assemblée nationale. Lundi, son médecin lui aurait recommandé de ralentir le rythme.
Présentée comme une candidate-vedette en 2012, Mme Daneault avait pourtant réitéré il y a un mois son engagement à être du combat. «Dans l'état actuel des choses, j'ai de la difficulté à laisser tomber, déclarait-elle à l'Écho de la Rive-Nord. Je suis une passionnée et j'ai toujours dit que je devais avoir la passion et la flamme lors du déclenchement d'une élection pour poursuivre.» Mercredi, le bureau de la députée de Groulx, dans les Laurentides, a fait savoir qu'elle ne justifiera pas sa décision avant «quelques jours».
Selon nos informations, Mme Daneault a maintes fois déploré la lenteur du processus parlementaire et la difficulté pour un deuxième parti d'opposition à faire avancer ses dossiers. Elle aurait souvent évoqué le sacrifice que représentait pour elle l'abandon de la pratique de la médecine.
Il demeure que le peu de temps laissé au parti pour se retourner et trouver un remplaçant a fait grincer des dents dans les hautes sphères de la Coalition avenir Québec (CAQ).
Il y a une quinzaine de jours, une autre vedette de la CAQ, Jacques Duchesneau, a confirmé qu'il quittait aussi la barque. Contrairement à la dernière élection, le Dr Gaétan Barrette a préféré les libéraux à la CAQ cette fois-ci. Au cours du dernier mandat, la CAQ a aussi perdu sa présidente, Dominique Anglade, et son organisatrice en chef, Brigitte Legault, qui s'implique néanmoins à mi-temps dans la campagne.
M. Legault a affirmé qu'il n'a pas été surpris par Mme Daneault dans la mesure où il savait qu'elle rencontrait son médecin. Le chef caquiste convient que cela «envoie un message», mais défie de comparer les CV du reste de son équipe avec ceux des adversaires pour jauger la qualité des forces en présence. D'autre part, M. Legault «respecte la décision» de la commission Charbonneau de repousser ses audiences à la fin de la campagne électorale. Mais la déception est palpable. «C'est très malheureux, effectivement, dit-il. Depuis un an et demi, on a parlé beaucoup des municipalités et des syndicats. On n'a pas encore parlé des deux partis provinciaux qui ont été au pouvoir : le PQ et le PLQ. C'est malheureux que les gens aillent voter sans savoir ce qui s'est fait.»