Coup de coeur: les plaines d'Abraham

L'emblème de Québec
On aime illustrer les villes par des bâtiments emblématiques, qui cadrent bien sur les cartes postales. Or ce qui est, à mon sens, le lieu par excellence de Québec n'entre pas dans l'objectif d'un photographe tant il est vaste... En plus d'être chargées sur le plan historique, les plaines d'Abraham ont le don de m'accueillir en toutes circonstances, chaque semaine, sans me réclamer de droit d'entrée : sorties en famille ou entre amis, promenades romantiques, détours en solitaire le midi ou, bien sûr, grand rassemblement collectif estival avec une légende musicale comme Roger Waters. Pour couronner le tout, la vue y est magnifique, qu'on arrive par le Musée national des beaux-arts, l'entrée voisine du Concorde ou par les escaliers du cap aux Diamants. Nicolas Houle
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La terrasse Grey
C'est mon premier souvenir de Québec, que j'aurais raconté à Clotaire Rapaille si le «psychanalyste des marques» avait voulu confesser les citoyens nés hors capitale. À proximité du Musée national des beaux-arts, derrière l'anneau des sports, se trouvent des canons en rangée qui font la joie des enfants. Et en se rapprochant de la côte Gilmour, la terrasse Grey. C'est un poste d'observation privilégié de la falaise, du fleuve Saint-Laurent, des ponts, de la rive sud, dans un calme relatif, selon les pics touristiques. Annie Morin
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Le jardin Jeanne-d'Arc
Le jardin Jeanne-d'Arc
C'est notre Giverny. Les grands ormes, le gazon, les vivaces et les annuelles amoureusement entretenus : tout est parfait dans ce jardin enclavé entre une tour Martello, une rue bourgeoise et le parc des Champs-de-Bataille. L'été, des pelotons de coureurs s'abreuvent à sa fontaine, les touristes se pâment sur ses plates-bandes, les résidents et les travailleurs du coin s'attardent sur ses bancs en se gavant de beauté. Les sabots des chevaux claquent sur l'asphalte et les peintres du dimanche sortent leurs chevalets à l'ombre de Jeanne d'Arc et du Concorde. Michèle LaFerrière 
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La colonie de marmottes
Durant des siècles, personne n'a occupé les Plaines sans payer le prix fort. Parlez-en au général Wolfe! Mais ça, c'était avant. Avant que les marmottes ne s'emparent des lieux stratégiques. Sans tirer un seul coup de feu. L'été, il faut les voir prendre le soleil, sous l'oeil de touristes stupéfaits. Le long des murailles, entre la croix du Sacrifice et la Citadelle, vous compterez désormais plus d'entrées de terriers que de trous dans un fromage suisse! Partout, les marmottes se trouvent en territoire conquis. Le bruit des travaux et des festivals n'y change rien. Marmotteville est là pour rester. Jean-Simon Gagné
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L'anneau de patin
Parce que je ne tenais pas à risquer ma vie en m'aventurant dans les côtes en patins à roues alignées, j'ai souvent fréquenté la piste des Plaines quand j'habitais la haute ville. Et j'ai vite arrêté de compter les tours que j'ai pu faire sur cette boucle assez grande (1,4 km) pour ne pas avoir l'impression de tourner en rond. Les sportifs de tous niveaux s'y côtoient, entre les débutants peinant à mettre un pied devant l'autre, les athlètes qui filent à toute allure... et ceux qui choisissent de ménager leurs efforts en se prélassant dans l'herbe au milieu. Geneviève Bouchard